“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 32 — #55
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Paléoclimatologie
à une forte diminution de l’étendue des zones marécageuses en conditions glaciaires (Chappellaz et al., 1993 ; Valdes et al., 2005), d’autres suggérant à
l’inverse (Kaplan, 2002). Le rôle relatif des marécages boréaux et tropicaux
demeure aussi très débattu. La présence des calottes de glace des Laurentides
et de la Fennoscandie durant le maximum glaciaire a nécessairement fait disparaître les zones marécageuses actuellement développées sur ces régions, mais
celles-ci ont pu aussi migrer vers des latitudes plus basses. Dans les tropiques,
la réduction de l’intensité des moussons asiatiques ou africaines en condition
glaciaire a nécessairement réduit l’étendue des marécages permanents ou saisonniers de ces régions. Mais l’émergence du plateau continental de Sunda
entre l’Indonésie et les Philippines, en lien avec la baisse du niveau des mers,
a pu favoriser le développement de marécages compensant en partie ou en
totalité la disparition partielle de ceux associés aux moussons. Néanmoins,
l’ensemble des modèles simulent une réduction des émissions de CH 4 provenant des wetlands au DMG (de l’ordre de 25 %), et ce en raison de la plus
faible productivité continentale. Au niveau des émissions de méthane liées à la
combustion de biomasse, là encore, les rares estimations ne reposent que sur
les modèles de végétation. De manière peu surprenante, la forte réduction de
biomasse en période glaciaire, liée aux conditions froides et à la faible teneur
en CO 2 , conduit à une réduction des feux de biomasse et donc à une réduction
(−30 à −50 %) des émissions de méthane associées (Valdes et al., 2005).
Des éléments de réponse apparaissent désormais également grâce aux
contraintes additionnelles fournies par le gradient interpolaire de méthane,
ainsi que ses isotopes (Fischer et al., 2008). En combinant l’ensemble de ces
données dans un modèle en boîte, les conclusions suivantes s’établissent : lors
de la dernière déglaciation, les émissions de méthane provenant des marécages
boréaux, inexistantes en glaciaire, se sont activées, rendant compte d’environ
un tiers du signal observé. Un autre tiers est attribuable aux marécages tropicaux. Enfin un dernier tiers relèverait de l’augmentation concomitante du
temps de résidence du méthane, due à une diminution des OH (augmentation
des émissions de composés organiques volatiles au cours de la déglaciation).
En revanche, ni les feux de biomasse ni les dégazages d’hydrates ne seraient
susceptibles d’expliquer l’évolution combinée de ces signaux issus des carottes
de glace.
Durant plus de deux décennies, le débat a fait rage quant à la contribution
possible des dégazages d’hydrates à l’évolution temporelle du méthane, mais
aussi à l’évolution climatique passée. Le chercheur américain James Kennett
symbolise ce scénario. En effet, avec de nombreux collègues, il a démontré
l’existence d’anomalies isotopiques dans les coquilles des foraminifères benthiques, mais aussi parfois planctoniques, en différents lieux océaniques, anomalies prenant place au moment des réchauffements climatiques rapides de
type D-O. De telles anomalies ne semblent pouvoir s’expliquer que par l’injection massive dans l’océan de carbone appauvrie en
13 C. Or seul le méthane
est susceptible de créer de forts appauvrissements isotopiques, en raison de
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