“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 420 — #443
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Paléoclimatologie
issus des modèles glaciaires régionaux où la dynamique de la glace est calculée explicitement (i.e. sans paramétrisations) à ceux provenant des modèles à
grande échelle. Mais cette démarche n’en est qu’à ses tous premiers pas, et il
faudra attendre encore plusieurs années avant de disposer de paramétrisations
robustes dans les modèles grande échelle, lesquelles devraient permettre une
représentation soignée des processus liés à la dynamique rapide de la glace.
La seconde limitation (et non des moindres) est liée au fait que les modèles de
calottes ne sont pas couplés aux modèles de climat utilisés pour effectuer les
projections futures. Là encore, il faudra attendre plusieurs années avant que
les interactions entre climat et calottes polaires soient correctement représentées pour prétendre à des projections fiables de l’élévation du niveau marin
dans le futur.
10.5 Le climat des prochains millénaires :
vers une modélisation intégrée du système
Terre
10.5.1 Évolution climatique : la perturbation
anthropique vs. les variations d’insolation
Dans le chapitre 7, nous avons analysé en détail les variations climatiques
induites par les variations des paramètres orbitaux sur des échelles de dizaines
de milliers d’années. Nous nous intéressons ici à des échelles de temps bien plus
longues allant de la centaine à des millions d’années. L’ampleur du réchauffement prévu par les modèles climatiques au cours des prochaines décennies
et même du prochain siècle nous interroge sur l’impact de cette modification
profonde du système climatique à l’échelle de plusieurs millénaires, d’autant
que l’accélération des émissions de CO 2 laisse présager que l’ampleur de la
perturbation peut être plus importante que celle prévue par le scénario le plus
pessimiste.
Les données issues des carottes de glace, comme celles de Vostok ou
d’EPICA en Antarctique ont montré que le CO 2 atmosphérique variait d’environ 100 ppm lors du passage d’une période glaciaire à une période interglaciaire, et par ailleurs, que ces variations étaient corrélées aux variations
de températures de l’air, suggérant ainsi le lien entre CO 2 et climat. Aujourd’hui, ce lien est communément admis et tous les regards sont braqués sur
le réchauffement planétaire dû à l’augmentation des gaz à effet de serre dans
l’atmosphère. Mais il y a près de quarante ans, en 1972, la communauté des
climatologues se réunissait aux États-Unis pour discuter de l’imminence de la
prochaine glaciation. Cette question était motivée par les données géologiques
qui montraient que depuis environ un million d’années, la Terre avait connu
une alternance d’épisodes froids correspondant aux phases de glaciation, et
de périodes plus chaudes, les interglaciaires, avec une pseudo-périodicité de
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