“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 388 — #411
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Paléoclimatologie
les aquifères et de la déforestation. Certains de ces processus ont pour effet
d’augmenter le ruissellement (urbanisation, déforestation) ; d’autres comme
les barrages et l’irrigation, contribuent à la séquestration d’eau douce sur les
continents. L’ensemble de ces processus provoque des variations régionales du
niveau de la mer. Mais des estimations récentes suggèrent que la séquestration
d’eau douce est à peu près contrebalancée par l’augmentation du ruissellement, d’où un bilan quasiment nul à l’échelle globale.
Les mesures des variations actuelles du niveau de la mer reposent sur
deux techniques différentes : les marégraphes, dont l’installation a débuté au
xix
e siècle, et les données altimétriques issues des observations satellitaires
depuis 1992.
L’inconvénient des marégraphes résulte du fait que ceux-ci sont répartis
de manière très inhomogène d’une part, et d’autre part, qu’ils enregistrent les
mouvements verticaux de la Terre et ne peuvent donc fournir qu’une mesure
relative du niveau de la mer par rapport à la côte. Pour limiter les incertitudes
liées à ces mouvements, qu’il est difficile de quantifier avec les modèles actuels,
seuls sont retenus une trentaine de sites géologiquement stables, situés essentiellement le long des côtes de l’Amérique du Nord et de l’Europe, pour nous
renseigner sur le niveau de la mer au xx
e siècle. Selon le quatrième rapport du
GIEC (IPCC, 2007 [15]), basé sur une compilation des plus récentes estimations, la hausse du niveau de la mer indiquée par les données marégraphiques
serait de 1,7 ± 0,5 mm/an au cours du xx
e siècle, et de 1,8 ± 0,5 mm/an sur
la période 1961-2003.
Depuis 1992, les données obtenues à partir des satellites altimétriques
offrent une nouvelle possibilité pour estimer les variations du niveau de la
mer, à partir du temps de parcours aller- retour de l’onde radar et de l’altitude
du satellite déterminée au-dessus d’une surface de référence conventionnelle.
La Figure 10.6 montre une élévation moyenne du niveau de la mer d’environ
2,8 mm/an, à laquelle il faut retrancher un petit effet de –0,3 mm/an dû au
rebond postglaciaire (Peltier, 2002 [25]). Cela conduit à une hausse d’environ
3,1 ± 0,5 mm/an entre 1993 et 2003.
Ces données altimétriques ont permis de mettre en évidence une importante disparité régionale, avec des régions pour lesquelles le niveau de la mer
est très largement supérieur à la moyenne globale et des régions pour lesquelles on enregistre au contraire une baisse du niveau marin. Cette variabilité
régionale explique en partie les différences obtenues entre les données marégraphiques et les données altimétriques, et est due à plusieurs facteurs dont
les variations de densité, la circulation océanique, la pression atmosphérique
ou encore les variations survenant au sein de la Terre solide ou du géoïde.
Par exemple, les côtes scandinaves qui étaient sous la calotte glaciaire
continuent à remonter à des taux supérieurs à l’élévation du niveau marin,
donc paradoxalement, on peut mesurer localement une baisse du niveau marin.
Des données globales de température de la mer entre la surface et
3 000 mètres de profondeur couvrant la période 1955-2003, permettent
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Paléoclimatologie
les aquifères et de la déforestation. Certains de ces processus ont pour effet
d’augmenter le ruissellement (urbanisation, déforestation) ; d’autres comme
les barrages et l’irrigation, contribuent à la séquestration d’eau douce sur les
continents. L’ensemble de ces processus provoque des variations régionales du
niveau de la mer. Mais des estimations récentes suggèrent que la séquestration
d’eau douce est à peu près contrebalancée par l’augmentation du ruissellement, d’où un bilan quasiment nul à l’échelle globale.
Les mesures des variations actuelles du niveau de la mer reposent sur
deux techniques différentes : les marégraphes, dont l’installation a débuté au
xix
e siècle, et les données altimétriques issues des observations satellitaires
depuis 1992.
L’inconvénient des marégraphes résulte du fait que ceux-ci sont répartis
de manière très inhomogène d’une part, et d’autre part, qu’ils enregistrent les
mouvements verticaux de la Terre et ne peuvent donc fournir qu’une mesure
relative du niveau de la mer par rapport à la côte. Pour limiter les incertitudes
liées à ces mouvements, qu’il est difficile de quantifier avec les modèles actuels,
seuls sont retenus une trentaine de sites géologiquement stables, situés essentiellement le long des côtes de l’Amérique du Nord et de l’Europe, pour nous
renseigner sur le niveau de la mer au xx
e siècle. Selon le quatrième rapport du
GIEC (IPCC, 2007 [15]), basé sur une compilation des plus récentes estimations, la hausse du niveau de la mer indiquée par les données marégraphiques
serait de 1,7 ± 0,5 mm/an au cours du xx
e siècle, et de 1,8 ± 0,5 mm/an sur
la période 1961-2003.
Depuis 1992, les données obtenues à partir des satellites altimétriques
offrent une nouvelle possibilité pour estimer les variations du niveau de la
mer, à partir du temps de parcours aller- retour de l’onde radar et de l’altitude
du satellite déterminée au-dessus d’une surface de référence conventionnelle.
La Figure 10.6 montre une élévation moyenne du niveau de la mer d’environ
2,8 mm/an, à laquelle il faut retrancher un petit effet de –0,3 mm/an dû au
rebond postglaciaire (Peltier, 2002 [25]). Cela conduit à une hausse d’environ
3,1 ± 0,5 mm/an entre 1993 et 2003.
Ces données altimétriques ont permis de mettre en évidence une importante disparité régionale, avec des régions pour lesquelles le niveau de la mer
est très largement supérieur à la moyenne globale et des régions pour lesquelles on enregistre au contraire une baisse du niveau marin. Cette variabilité
régionale explique en partie les différences obtenues entre les données marégraphiques et les données altimétriques, et est due à plusieurs facteurs dont
les variations de densité, la circulation océanique, la pression atmosphérique
ou encore les variations survenant au sein de la Terre solide ou du géoïde.
Par exemple, les côtes scandinaves qui étaient sous la calotte glaciaire
continuent à remonter à des taux supérieurs à l’élévation du niveau marin,
donc paradoxalement, on peut mesurer localement une baisse du niveau marin.
Des données globales de température de la mer entre la surface et
3 000 mètres de profondeur couvrant la période 1955-2003, permettent
