“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 385 — #408
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10. Des climats du passé aux climats du futur
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La plupart des études menées récemment sur les variations du bilan de masse
du Groenland s’accordent sur un épaississement de la glace au centre de la
calotte et un amincissement dans les zones côtières, dont la tendance s’accélère depuis quelques années (Fig. 10.5a). Néanmoins, les mesures fournies
par les différentes techniques divergent d’un point de vue quantitatif avec des
écarts qui parfois peuvent être supérieurs à la valeur de la mesure elle- même.
Toutefois, dans le cadre du quatrième rapport du GIEC paru en 2007, un gros
effort de compilation a été effectué, malgré des difficultés liées au fait que ces
études ne portent pas toujours sur la même période. Ainsi, pour la période
1961-2003, le bilan de masse de la calotte groenlandaise serait compris entre
+25 et −60 Gt/an, et entre −50 et −100 Gt/an entre 1993 et 2003. Depuis
2002, des taux de décroissance encore plus élevés ont été fournis notamment
par le satellite GRACE : ceux-ci sont estimés à −230 ± 33 Gt/an pour la
période couvrant avril 2002 à février 2007 (Velicogna, 2009 [31]). Plus précisément, en 2002-2003, le taux de décroissance était de –137 Gt/an contre
–286 Gt/an en 2007-2009, soit une accélération de −30 ± 11 Gt/an
2 .
Dans le cas de l’Antarctique (Fig. 10.5b), les différentes mesures divergent
encore, mais toutes s’accordent pour conclure à une perte de masse de l’Antarctique de l’Ouest, depuis ces quinze dernières années. Les mesures altimétriques révèlent une diminution du bilan de masse comprise entre –40 et
–50 Gt/an au cours de la dernière décennie, tandis que les mesures gravimétriques suggèrent une perte de masse plus importante sur 2002-2005, allant de
−107 ± 23 Gt/an (Ramillien et al. 2006 [27]) à −136 ± 73 Gt/an (Velicogna et
Wahr, 2006 [30]) et même −43 ± 73 Gt/an pour la période 2002-2009 (Velicogna, 2009 [31]). En revanche, le cas de l’Antarctique de l’Est est plus incertain.
Les mesures altimétriques suggèrent qu’entre les années 1990 et le début des
années 2000, cette partie de la calotte aurait grossi entre 17 ± 11 Gt/an et
45 ± 7 Gt/an. Cependant, pour la période plus récente, 2002-2005, aucun
consensus ne ressort des mesures gravimétriques effectuées grâce au satellite
GRACE. Les mesures de Velicogna et Wahr (2006) [30] suggèrent que le bilan de masse est à peu près cohérent avec une calotte à l’équilibre, malgré
une grande incertitude (0 ± 51 Gt/an), tandis que Ramillien et al. (2006) [27]
indiquent un taux de croissance de 67 ± 28 Gt/an.
Néanmoins, si l’on considère l’ensemble de la calotte antarctique ainsi que
le Groenland, il semble que les pertes de masse se soient accélérées ces dernières années. Cette tendance est corrélée à une augmentation de l’ablation
en surface liée à l’augmentation des températures, mais aussi à une accélération de l’écoulement. Ce dernier phénomène est encore mal compris et
pourrait être simplement lié à la dynamique interne des glaciers ; une seconde
hypothèse est la lubrification du substrat sous-glaciaire, provoquée par l’eau
de fonte produite en surface et qui percole jusqu’à la base de la calotte. Un
autre phénomène concerne la dislocation des plates-formes glaciaires de l’Antarctique de l’Ouest, comme celle du Larsen en 2002, qui semble être liée au
réchauffement de l’océan, et donc à la perturbation anthropique. Néanmoins,
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