“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 356 — #379
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Paléoclimatologie
pour d’autres climats, comme le climat futur ou le climat du Dernier Maximum glaciaire. Il montre la forte contrainte exercée par les modifications de
la dynamique de grande échelle, qui sont prépondérantes sur les modifications des flux de chaleurs locaux, dans les régions tropicales. Pour l’Holocène
moyen, cette diminution de l’intensité des événements El Niño s’accompagne
aussi d’une réduction de l’impact d’El Niño sur les autres régions du globe,
comme par exemple la région sahélienne (Zhao et al., 2007 [43]). Il n’est cependant pas encore possible d’estimer si ces changements de téléconnexion ont
eu un rôle dans les modifications environnementales en Afrique, ni d’évaluer
ce résultat par rapport aux données disponibles.
Les fluctuations des événements El Niño ont aussi été rapportées pour le
dernier millénaire, en particulier à partir de coraux dans le Pacifique (Bradley, 1999 [6]). Les résultats indiquent que l’ENSO avait des caractéristiques
équivalentes à celles de la période actuelle vers le milieu du xvii
e siècle, avec
des événements pouvant être aussi intenses que l’El Niño de 1997-1998. Dans
la période s’étendant du xii
e au xiv
e siècle, les événements semblent en revanche moins intenses. Il n’est cependant pas possible d’établir un lien entre
l’état moyen et les caractéristiques des événements El Niño. D’autres auteurs
trouvent des liens statistiques entre l’intensité des événements El Niño et les
éruptions volcaniques (Adams et al., 2003 [1]. La variabilité ENSO serait diminuée les années suivant une éruption volcanique, ce qui est confirmé par les
simulations de Mann et al., (2005) [30], mais n’avait pas été relevé dans des
études antérieures. Ces résultats plus ou moins contradictoires proviennent de
la difficulté de représenter toutes les facettes des événements El Niño dans les
modèles actuels. Certains biais systématiques des modèles interfèrent avec la
représentation de la variabilité interannuelle. C’est le cas par exemple de la
double « zone de convergence inter tropicale » (ITCZ) trop marquée dans l’est
du Pacifique dans les simulations couplées océan-atmosphère, ou le fait que la
structure de l’upwelling équatorial est trop confinée le long de l’équateur et
s’étend trop loin dans la partie ouest du bassin (chapitre 8 de Solomon et al.
(2007) [37]).
9.5.3 Les extrêmes climatiques par rapport à la moyenne
On a vu comment il était possible de reconstruire des conditions climatiques moyennes à partir d’indicateurs environnementaux ou de les simuler
avec des modèles climatiques de divers niveaux de complexité. Les moyennes
s’entendent aussi bien au sens de l’espace (moyennes hémisphériques, globales, ou bien sur des régions entières), que du temps (moyennes saisonnières,
annuelles ou décennales). Ainsi, la plupart des indicateurs montrent que la
température moyenne de la planète s’est élevée de ∼0,74
◦ C au cours du denier siècle. Il doit être évident que derrière cette variation moyenne se cachent
des disparités régionales et temporelles importantes : tous les endroits de la
planète ne se réchauffent pas au même rythme (les hautes latitudes semblent
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