“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 312 — #335
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Paléoclimatologie
8.1.4.2 Cycles de Dansgaard-Oeschger
Les cycles de Dansgaard-Oeschger modifient le climat à l’échelle globale
(voir Voelker et al. (2002) pour une revue [29]). Dès lors, le mécanisme à
l’œuvre se doit soit d’avoir une origine globale également, soit de modifier un
élément majeur du système climatique ayant un impact global. Nous retiendrons ici trois mécanismes qui répondent à ces critères.
L’un des mécanismes les plus simples pour obtenir une réponse globale est
une variation d’un forçage externe au système climatique. C’est un mécanisme
qui fonctionne à des échelles de temps longues (forçage dit de Milankovitch)
ou courtes (modifications associées au volcanisme, par exemple). Il a donc été
également proposé que des variations du forçage solaire puissent être responsables des événements de Dansgaard-Oeschger. Toutefois, les relations entre
les faibles variations du cycle solaire aux périodes adéquates mises en évidence
et les variations climatiques observées restent douteuses.
La composante du système climatique la plus apte à être la cause des
événements de Dansgaard-Oeschger est sans doute l’océan, et plus particulièrement la circulation océanique. Il possède en effet deux caractéristiques
principales d’intérêt ici : il réagit à l’échelle globale, à des échelles de temps
compatibles avec les cycles de Dansgaard-Oeschger, et il peut répondre à un
forçage relativement local. Des études, telles que Ganopolski et Rahmstorf,
(2001) [10], ont montré qu’un forçage semi-périodique en eau douce peut, sous
certaines conditions, permettre de reproduire des oscillations qui ressemblent
aux cycles observés dans les données paléoclimatiques. Cela n’apporte toutefois pas d’indication sur l’origine de ce forçage en eau douce et donc pas de
nouvelle explication quant au mécanisme à l’œuvre.
Pour pallier à ce manque d’existence prouvée d’un forçage climatique périodique, certains auteurs proposent des mécanismes d’oscillations internes
au système climatique. L’une des explications qui nous paraît la plus intéressante aujourd’hui est l’oscillation interne de la circulation océanique sous des
conditions limites données (Paillard, 2004 [21]), sans mettre en jeu de forçage
externe. Le gros avantage d’une telle hypothèse est de rendre compte à la fois
de la fréquence des cycles, compatible avec ce que l’on connaît de l’océan, et
de leur caractère global.
Pour conclure, on peut dire qu’aujourd’hui, il n’y a pas de consensus
sur la cause des événements de Dansgaard-Oeschger, malgré une compréhension sans cesse accrue des effets de ces événements sur le climat à l’échelle
globale.
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