“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 310 — #333
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Paléoclimatologie
la péninsule Ibérique. Si on examine les résultats du modèle sur l’Atlantique
Nord et l’Europe, on s’aperçoit que la bande de forts vents d’ouest s’est décalée vers le sud, mais que cela ne se traduit pas par une augmentation de
précipitation sur l’Europe ou sur l’Afrique du Nord, car le refroidissement
impose un air plus sec.
Kageyama et al. (2005) [16] montrent également l’impact d’un tel changement climatique sur la végétation, tel que simulé par le modèle de végétation dynamique ORCHIDEE. Les changements climatiques simulés par le
modèle climatique pour un événement froid en Atlantique Nord, aussi faibles
semblent-ils sur les continents, résultent en une diminution importante du
couvert végétal, pour la végétation arborée comme pour l’herbacée. Ce résultat suggère que la végétation glaciaire en Europe et Méditerranée est, comme
le montrent les enregistrements polliniques, extrêmement sensible à des changements de climat.
On peut remarquer une zone, sur le flanc méditerranéen de la péninsule
Ibérique, sur laquelle la précipitation augmente dans l’expérience de sensibilité à des températures de surface des océans plus froide aux moyennes
latitudes de l’Atlantique Nord. Cette anomalie, contraire aux reconstructions
existantes pour cette zone (Combourieu Nebout et al., 2002 [4] ; Kageyama
et al., 2005 [16]), montre les limites de cette expérience. L’hypothèse que l’élément responsable des changements climatiques de l’ouest de l’Europe était
les différences de températures de surface de l’océan Atlantique Nord, aux
moyennes latitudes n’est pas suffisante pour expliquer l’ensemble des anomalies climatiques reconstruites sur le pourtour méditerranéen. Une première
explication pourrait être que les différences de température de surface de la
mer Méditerranée n’ont pas été prises en compte. Une deuxième explication
serait tout simplement que le modèle n’est pas apte à simuler le climat correctement sur cette région. Une troisième explication pourrait être une erreur
dans l’interprétation des enregistrements. C’est dans un tel cas qu’il est très
instructif, pour les modélisateurs comme pour les palynologues, de comparer leurs données. C’est aussi pour cela qu’il faut analyser les résultats des
modèles non seulement du point de vue des variables climatiques de surface,
mais aussi du point de vue de la circulation et de la physique atmosphériques,
ce qui permet de dégager les mécanismes responsables des changements climatiques simulés et d’améliorer le modèle ou la définition des expériences
à réaliser.
Ces expériences permettent de quantifier l’influence des différents mécanismes suggérés plus haut : propagation de l’anomalie de température océanique sur les continents adjacents par la circulation moyenne, décalage des
vents dominants suivant la migration des zones de fort gradient méridien de
température, influence des instabilités atmosphériques et de la température
moyenne sur les précipitations. C’est en cela qu’un modèle peut aider à l’interprétation des reconstructions et, en particulier, à confirmer ou infirmer des
scénarios établis à partir de plusieurs enregistrements éloignés les uns des
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