“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 306 — #329
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Paléoclimatologie
d’icebergs émis et de la durée de ces événements : pour l’événement de Heinrich 4 (environ 45 ka BP), la durée la plus probable est de 300 ± 100 ans et le
volume d’icebergs émis d’environ 3 mètres de niveau marin équivalent.
Interprétation du signal isotopique mesuré en Atlantique Nord
Nous avons vu que les enregistrements de δ
18 O provenant des carottes du
Groenland et ceux issus des carottes sédimentaires océaniques ont des signaux
qui paraissent très similaires au cours des périodes présentant de la variabilité
climatique rapide. Nous avons mentionné que leurs similitudes ne doivent pas
conduire à une interprétation d’unicité du signal climatique causant ces variations. En effet, les enregistrements en δ
18 O de la calcite des foraminifères
sont des enregistrements complexes, sensibles à la fois à la température et aux
changements de conditions hydrologiques, ces dernières pouvant avoir un impact fort. Pour déconvoluer l’influence de ces différentes sources de variations
en δ
18 O de la calcite, une solution est de simuler cet indicateur au sein d’un
modèle climatique pour analyser l’importance des processus à l’œuvre. Roche
et Paillard (2005) [25] ont réalisé ce type de simulation pour la suite d’événements de Dansgaard-Oeschger encadrant l’événement de Heinrich 4 (environ
40 ka BP). Le résultat est présenté sur la Figure 8.4. Le premier résultat est
la très bonne capacité du modèle à reproduire les variations mesurées dans
l’enregistrement océanique. L’avantage d’utiliser un modèle de climat est de
pouvoir simuler non seulement le δ
18 O de la calcite mais également la température et la salinité, variables pronostiques du modèle de climat. On peut
alors extraire les composantes « température » et « cycle hydrologique » du
signal de δ
18 O de la calcite. Le résultat surprenant de la Figure 8.4 est que
l’événement de Heinrich 4 présente, dans le modèle, les changements à la fois
de température et de δ
18 O de l’eau les plus forts de toute la période simulée.
Dans l’enregistrement en δ
18 O de la calcite, la variation la plus forte est associée aux événements de Dansgaard-Oeschger. La raison de cette différence est
que les variations de température et de δ
18 O de l’eau ayant, du point de vue du
δ
18 O de la calcite, des signatures opposées, leurs effets se compensent dans le
δ
18 O de la calcite, ce qui cache le signal le plus fort aux yeux de l’observateur
des données sédimentaires marines. Cet exemple montre combien l’interprétation en termes de climat des indicateurs palécolimatiques isotopiques est
une tâche délicate et comment une approche intégrée données-modèle peut
permettre de mieux comprendre la dynamique climatique passée.
Transmission du signal aux continents
Les enregistrements polliniques extraits des carottes marines permettent
de connaître l’évolution de la végétation concomitante avec l’évolution
des conditions océaniques. Les reconstructions des deux types, marine et
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Paléoclimatologie
d’icebergs émis et de la durée de ces événements : pour l’événement de Heinrich 4 (environ 45 ka BP), la durée la plus probable est de 300 ± 100 ans et le
volume d’icebergs émis d’environ 3 mètres de niveau marin équivalent.
Interprétation du signal isotopique mesuré en Atlantique Nord
Nous avons vu que les enregistrements de δ
18 O provenant des carottes du
Groenland et ceux issus des carottes sédimentaires océaniques ont des signaux
qui paraissent très similaires au cours des périodes présentant de la variabilité
climatique rapide. Nous avons mentionné que leurs similitudes ne doivent pas
conduire à une interprétation d’unicité du signal climatique causant ces variations. En effet, les enregistrements en δ
18 O de la calcite des foraminifères
sont des enregistrements complexes, sensibles à la fois à la température et aux
changements de conditions hydrologiques, ces dernières pouvant avoir un impact fort. Pour déconvoluer l’influence de ces différentes sources de variations
en δ
18 O de la calcite, une solution est de simuler cet indicateur au sein d’un
modèle climatique pour analyser l’importance des processus à l’œuvre. Roche
et Paillard (2005) [25] ont réalisé ce type de simulation pour la suite d’événements de Dansgaard-Oeschger encadrant l’événement de Heinrich 4 (environ
40 ka BP). Le résultat est présenté sur la Figure 8.4. Le premier résultat est
la très bonne capacité du modèle à reproduire les variations mesurées dans
l’enregistrement océanique. L’avantage d’utiliser un modèle de climat est de
pouvoir simuler non seulement le δ
18 O de la calcite mais également la température et la salinité, variables pronostiques du modèle de climat. On peut
alors extraire les composantes « température » et « cycle hydrologique » du
signal de δ
18 O de la calcite. Le résultat surprenant de la Figure 8.4 est que
l’événement de Heinrich 4 présente, dans le modèle, les changements à la fois
de température et de δ
18 O de l’eau les plus forts de toute la période simulée.
Dans l’enregistrement en δ
18 O de la calcite, la variation la plus forte est associée aux événements de Dansgaard-Oeschger. La raison de cette différence est
que les variations de température et de δ
18 O de l’eau ayant, du point de vue du
δ
18 O de la calcite, des signatures opposées, leurs effets se compensent dans le
δ
18 O de la calcite, ce qui cache le signal le plus fort aux yeux de l’observateur
des données sédimentaires marines. Cet exemple montre combien l’interprétation en termes de climat des indicateurs palécolimatiques isotopiques est
une tâche délicate et comment une approche intégrée données-modèle peut
permettre de mieux comprendre la dynamique climatique passée.
Transmission du signal aux continents
Les enregistrements polliniques extraits des carottes marines permettent
de connaître l’évolution de la végétation concomitante avec l’évolution
des conditions océaniques. Les reconstructions des deux types, marine et
