“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 295 — #318
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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priétés de ce matériel détritique montrent qu’il provient en majeure partie du
bouclier canadien et a donc été transporté par des icebergs s’étant détachés
de la calotte nord-américaine.
Pendant la même période, l’analyse en δ
18 O des carottes de glaces provenant du sommet de la calotte groenlandaise (Dansgaard et al., 1993 [7]) met
en évidence le contraste entre les périodes interglaciaires, et en particulier
l’Holocène, remarquablement stables, et la dernière période glaciaire, caractérisée par des oscillations de grande amplitude. Cette amplitude peut en effet
atteindre la moitié de la différence glaciaire-interglaciaire. Les événements
chauds ont été appelés « événements de Dansgaard-Oeschger » (D/O), parce
que ces deux auteurs avaient déjà détecté des fluctuations rapides du δ
18 O de
la glace dans le forage effectué à Camp Century. À l’époque, l’enregistrement
avait paru douteux en raison de grandes variations simultanées de la teneur
en CO 2 des bulles d’air emprisonnées dans la glace. On sait aujourd’hui que
ces dernières sont en fait un artefact dû à la présence de poussières carbonatées attaquées par l’acide sulfurique présent dans la glace. En revanche, les
fluctuations rapides du δ
18 O étaient bien significatives.
Le réchauffement définissant un D/O apparaît de manière particulièrement
rapide, c’est-à-dire en quelques dizaines d’années, uniquement lorsque des calottes glaciaires se sont développées sur les continents de l’hémisphère nord.
La période relativement chaude qui suit l’événement de D/O est appelée « période interstadiale » et est caractérisée par un refroidissement graduel. Elle
se termine par un retour rapide au niveau le plus froid des enregistrements,
appelé « période stadiale ». Ce retour complète un cycle de D/O, qui dure
au total environ 1 500 ans. Il y a donc davantage d’événements de D/O que
de HE.
L’existence de variations abruptes aussi bien dans le climat de surface au
Groenland que dans l’état de l’océan, sur des échelles de temps bien inférieures
aux cycles de Milankovitch, a contribué au développement de l’idée qu’il peut
exister des équilibres multiples du système climatique et que ce système peut
se réorganiser brutalement lorsqu’il passe d’un équilibre à un autre. Cette idée
s’est trouvée renforcée par les corrélations entre les enregistrements marins et
glaciaires, démontrées pour la première fois par Bond et al. (1993) [1]. Ces
auteurs proposent une vision de la variabilité glaciaire intégrant événements
de Heinrich et de Dansgaard-Oeschger. La variabilité millénaire glaciaire s’organise en cycles plus tard baptisés « cycles de Bond » (Fig. 8.1). Chaque cycle
commence à la fin d’un événement de Heinrich, par le premier événement de
Dansgaard-Oeschger, qui a la plus grande amplitude dans le cycle. Lui succèdent quelques autres cycles de Dansgaard-Oeschger, d’amplitude de plus en
plus faible. Le dernier cycle se termine par une décharge massive d’icebergs en
provenance de la calotte Laurentide, c’est-à-dire par l’événement de Heinrich.
Chaque cycle dure de 7 000 à 10 000 ans environ.
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8. Variabilité climatique rapide : description et mécanismes
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priétés de ce matériel détritique montrent qu’il provient en majeure partie du
bouclier canadien et a donc été transporté par des icebergs s’étant détachés
de la calotte nord-américaine.
Pendant la même période, l’analyse en δ
18 O des carottes de glaces provenant du sommet de la calotte groenlandaise (Dansgaard et al., 1993 [7]) met
en évidence le contraste entre les périodes interglaciaires, et en particulier
l’Holocène, remarquablement stables, et la dernière période glaciaire, caractérisée par des oscillations de grande amplitude. Cette amplitude peut en effet
atteindre la moitié de la différence glaciaire-interglaciaire. Les événements
chauds ont été appelés « événements de Dansgaard-Oeschger » (D/O), parce
que ces deux auteurs avaient déjà détecté des fluctuations rapides du δ
18 O de
la glace dans le forage effectué à Camp Century. À l’époque, l’enregistrement
avait paru douteux en raison de grandes variations simultanées de la teneur
en CO 2 des bulles d’air emprisonnées dans la glace. On sait aujourd’hui que
ces dernières sont en fait un artefact dû à la présence de poussières carbonatées attaquées par l’acide sulfurique présent dans la glace. En revanche, les
fluctuations rapides du δ
18 O étaient bien significatives.
Le réchauffement définissant un D/O apparaît de manière particulièrement
rapide, c’est-à-dire en quelques dizaines d’années, uniquement lorsque des calottes glaciaires se sont développées sur les continents de l’hémisphère nord.
La période relativement chaude qui suit l’événement de D/O est appelée « période interstadiale » et est caractérisée par un refroidissement graduel. Elle
se termine par un retour rapide au niveau le plus froid des enregistrements,
appelé « période stadiale ». Ce retour complète un cycle de D/O, qui dure
au total environ 1 500 ans. Il y a donc davantage d’événements de D/O que
de HE.
L’existence de variations abruptes aussi bien dans le climat de surface au
Groenland que dans l’état de l’océan, sur des échelles de temps bien inférieures
aux cycles de Milankovitch, a contribué au développement de l’idée qu’il peut
exister des équilibres multiples du système climatique et que ce système peut
se réorganiser brutalement lorsqu’il passe d’un équilibre à un autre. Cette idée
s’est trouvée renforcée par les corrélations entre les enregistrements marins et
glaciaires, démontrées pour la première fois par Bond et al. (1993) [1]. Ces
auteurs proposent une vision de la variabilité glaciaire intégrant événements
de Heinrich et de Dansgaard-Oeschger. La variabilité millénaire glaciaire s’organise en cycles plus tard baptisés « cycles de Bond » (Fig. 8.1). Chaque cycle
commence à la fin d’un événement de Heinrich, par le premier événement de
Dansgaard-Oeschger, qui a la plus grande amplitude dans le cycle. Lui succèdent quelques autres cycles de Dansgaard-Oeschger, d’amplitude de plus en
plus faible. Le dernier cycle se termine par une décharge massive d’icebergs en
provenance de la calotte Laurentide, c’est-à-dire par l’événement de Heinrich.
Chaque cycle dure de 7 000 à 10 000 ans environ.
