“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 250 — #273
i
i
i
i
i
i
i
i
250
Paléoclimatologie
formation sur Terre. L’analyse des spinelles a montré que la météorite avait
la composition chimique des chondrites carbonées, avec la particularité d’être
très riche en soufre. L’impact d’une telle collision est considérable. Sa modélisation est difficile en raison de l’ampleur de la perturbation, sans commune
mesure avec les observations actuelles, qu’elle a entraînée pour la chimie de
l’atmosphère. Aussi les simulations s’inspirent-elles de celles qui avaient été
faites dans le cadre des travaux sur « l’hiver nucléaire », pour lesquels les climatologues avaient calculé l’impact climatique global d’un conflit nucléaire de
grande ampleur. Il ne peut s’agir là que d’une approche très simplificatrice.
La collision d’une météorite avec la Terre a de nombreuses conséquences,
même s’il est difficile de les chiffrer avec précision :
– elle relâche une énorme quantité d’aérosols (sulfates, nitrates) qui atteignent la haute atmosphère où ils peuvent rester pendant plusieurs
années ;
– les aérosols provoquent une atténuation d’environ 50 % du rayonnement
solaire, d’où résulte un refroidissement d’une dizaine de degrés au sol
pendant une décennie. Les agronomes estiment que la moitié de la végétation de l’hémisphère lord pourrait alors avoir été tuée dès les premières
années ;
– la perturbation sera la plus grande si l’impact se produit au printemps
au moment où la végétation a le plus besoin du rayonnement solaire ;
– l’émission d’une énorme quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère qui
se charge des nitrates et sulfates et retombe sous forme de pluies très
acides, toxiques pour les plantes ;
– enfin, les chondrites contiennent de nombreux métaux lourds toxiques,
en particulier du nickel qui inhibe l’activité chlorophyllienne.
On est évidemment loin de comprendre l’ensemble des événements qui ont
marqué la fin du Crétacé, avec la disparition de nombreuses espèces animales
et végétales. Les sédiments continentaux témoignent du développement de
grands incendies et du retour pionnier des fougères qui sont les plantes les
plus résistantes et qui colonisent en premier les surfaces dévastées par le feu.
Dans l’océan, les données sédimentologiques, biologiques et géochimiques témoignent d’une diminution considérable de la production primaire par les
algues ; celle-ci n’est revenue à son niveau antérieur qu’après environ cinq à
six millions d’années.
Il est vraisemblable que la collision avec la météorite et les émanations des
éruptions fissurales du Deccan ont toutes deux contribué aux changements
majeurs de l’environnement qui ont marqué la limite K-T, la première par ses
effets considérables, survenus brutalement et qui ont duré plusieurs années, la
seconde par ses effets géochimiques persistant sur des périodes longues vis-àvis des constantes de temps de la biosphère.
i
i
i
i
i
i
i
i
250
Paléoclimatologie
formation sur Terre. L’analyse des spinelles a montré que la météorite avait
la composition chimique des chondrites carbonées, avec la particularité d’être
très riche en soufre. L’impact d’une telle collision est considérable. Sa modélisation est difficile en raison de l’ampleur de la perturbation, sans commune
mesure avec les observations actuelles, qu’elle a entraînée pour la chimie de
l’atmosphère. Aussi les simulations s’inspirent-elles de celles qui avaient été
faites dans le cadre des travaux sur « l’hiver nucléaire », pour lesquels les climatologues avaient calculé l’impact climatique global d’un conflit nucléaire de
grande ampleur. Il ne peut s’agir là que d’une approche très simplificatrice.
La collision d’une météorite avec la Terre a de nombreuses conséquences,
même s’il est difficile de les chiffrer avec précision :
– elle relâche une énorme quantité d’aérosols (sulfates, nitrates) qui atteignent la haute atmosphère où ils peuvent rester pendant plusieurs
années ;
– les aérosols provoquent une atténuation d’environ 50 % du rayonnement
solaire, d’où résulte un refroidissement d’une dizaine de degrés au sol
pendant une décennie. Les agronomes estiment que la moitié de la végétation de l’hémisphère lord pourrait alors avoir été tuée dès les premières
années ;
– la perturbation sera la plus grande si l’impact se produit au printemps
au moment où la végétation a le plus besoin du rayonnement solaire ;
– l’émission d’une énorme quantité de vapeur d’eau dans l’atmosphère qui
se charge des nitrates et sulfates et retombe sous forme de pluies très
acides, toxiques pour les plantes ;
– enfin, les chondrites contiennent de nombreux métaux lourds toxiques,
en particulier du nickel qui inhibe l’activité chlorophyllienne.
On est évidemment loin de comprendre l’ensemble des événements qui ont
marqué la fin du Crétacé, avec la disparition de nombreuses espèces animales
et végétales. Les sédiments continentaux témoignent du développement de
grands incendies et du retour pionnier des fougères qui sont les plantes les
plus résistantes et qui colonisent en premier les surfaces dévastées par le feu.
Dans l’océan, les données sédimentologiques, biologiques et géochimiques témoignent d’une diminution considérable de la production primaire par les
algues ; celle-ci n’est revenue à son niveau antérieur qu’après environ cinq à
six millions d’années.
Il est vraisemblable que la collision avec la météorite et les émanations des
éruptions fissurales du Deccan ont toutes deux contribué aux changements
majeurs de l’environnement qui ont marqué la limite K-T, la première par ses
effets considérables, survenus brutalement et qui ont duré plusieurs années, la
seconde par ses effets géochimiques persistant sur des périodes longues vis-àvis des constantes de temps de la biosphère.
