“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 246 — #269
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Paléoclimatologie
d’ammonites boréales envahissent le domaine téthysien, suggérant un refroidissement généralisé à toutes les latitudes (Dromart et al., 2003 [9]). La durée
totale de l’événement est de l’ordre de 3 millions d’années. Cet épisode est
également marqué par la réduction des dépôts de carbonates d’environ un facteur 10. Les δ
13 C suggèrent également une excursion positive d’environ 0,5 %%
sur la même période. Enfin, une chute du niveau marin de plusieurs dizaines
de mètres est attestée (Dromart et al., 2003 [9]), suggérant la mise en place
de calottes glaciaires temporaires (Fig. 6.12).
Les raisons de ce refroidissement ne sont pas complètement élucidées,
comme c’est d’ailleurs le cas pour tous les épisodes de refroidissement brefs
du Jurassique et du Crétacé. Mais de nombreuses pistes existent. En particulier, pour cet événement précis, la quantité de matière organique enfouie dans
les sédiments marins augmente fortement au cours du Callovien moyen, juste
avant le refroidissement. Le pourcentage de matière organique passe de moins
de 1 % dans le Callovien inférieur à 5 %, voire 10 % dans le Callovien moyen.
Cet enfouissement accru de matière organique a pu provoquer une consommation intensifiée de CO 2 atmosphérique, à une échelle temporelle suffisamment
courte devant le temps de réponse du paléothermostat terrestre, pour l’empêcher de jouer son rôle stabilisateur. Il en aurait résulté une baisse de la pression
de CO 2 qui aurait pu initier le refroidissement subséquent. Ce refroidissement,
accompagné d’une chute de niveau marin provoquée par le développement de
glaciers sur les continents les plus froids, a été responsable du quasi arrêt de
la sédimentation carbonatée sur les plates-formes continentales.
Une autre hypothèse a été avancée récemment, mettant en relation la réduction drastique des dépôts de carbonates sur les plates-formes continentales
et l’épisode de refroidissement. Jusqu’ici, on supposait que la mise en place
de conditions climatiques plus froides résultait en une réduction de l’activité
de la bioconstruction dans les zones récifales. À l’inverse, Donnadieu et al.
(2011) [7] proposent que la diminution forte de l’activité des récifs carbonatés, suite à des causes externes (tectoniques par exemple), provoquent une
accumulation d’alcalinité dans les océans. En effet, celle-ci continue d’être apportée par les fleuves (altération continentale), alors que le puits d’alcalinité
par dépôt de carbonates est fortement réduit. Il en résulte une dissolution
massive de CO 2 atmosphérique dans les océans. La pression de CO 2 chute
de 800 ppmv à 200 ppmv pendant les crises de production carbonatée (qui
durent quelques centaines de milliers d’années), induisant un refroidissement
moyen global de 9
◦ C.
6.4.2 La limite Crétacé-Tertiaire, la météorite
et les éruptions fissurales du Deccan
La limite Crétacé-Tertiaire (K-T), datant de 65 Ma, a été particulièrement
étudiée, car elle correspond à un événement d’extinction de masse, avec entre
autres, la disparition des dinosaures. Deux événements majeurs se produisent
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