“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 244 — #267
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Paléoclimatologie
dans l’équation (10), et le niveau de CO 2 s’abaisse jusqu’à ce que l’altération
des silicates compense à nouveau le dégazage de la Terre solide (Goddéris
et François, 1996 [15]). Aujourd’hui, 4 × 10
12 kg/an de matériaux en suspension sont évacués vers l’océan en provenance de la zone himalayenne, ce
qui représente 17 % du flux érosif mondial, alors que le rapport de la surface himalayenne à la surface totale des continents n’est que de 4 %. On
peut donc s’attendre à ce qu’une orogène majeure augmente considérablement la consommation de CO 2 atmosphérique par l’altération chimique des
roches exposées (accroissement du facteur f 3 ). Néanmoins, ce résultat n’est
pas confirmé par les données actuelles de flux d’éléments dissous dans les rivières en provenance de l’Himalaya. Ils suggèrent une consommation modeste
de 0,7 × 10
12 moles/an de CO 2 par altération des silicates himalayens, soit
seulement 6 % du total mondial, de 11,7 × 10
12 moles/an. L’une des raisons
de ce faible taux d’altération chimique est peut-être que le moteur érosif fonctionne trop bien en Himalaya, et que l’évacuation des débris produits par
érosion mécanique est trop rapide pour permettre le développement d’une altération chimique efficace. Il en résulterait un système d’altération qui serait
largement limité par la cinétique très lente de dissolution des minéraux. De
plus, la lithologie est telle que les silicates de calcium sont peu abondants dans
l’Himalaya et que le flux d K. Comme ces réactions chimiques ne mènent pas
à la précipitation de carbonates, leur effet sur le cycle du carbone est nul à
long terme.
Par contre, le taux de sédimentation, extrêmement élevé dans le golfe du
Bengale, est responsable de la préservation de très grandes quantités de matière organique, à la fois d’origine continentale et marine. On estime que le flux
d’enfouissement de carbone aux pieds de l’orogène est deux à trois fois plus
élevé que la consommation de CO 2 par l’altération des silicates himalayens.
Une étude récente montre que la préservation du carbone organique d’origine
continentale exporté par les rivières himalayennes est préservés à 100 % dans
les sédiments du golfe du Bengale : la sédimentation est telle que la préservation est totale (Galy et al., 2007 [13]). France-Lanord et Derry (1997) [12]
ont estimé que la croissance du réservoir sédimentaire de carbone organique
atteignait 0,6 × 10
12 moles/an. Cette valeur est d’un ordre de grandeur comparable à celle estimée à partir de simulations numériques, réalisées à l’aide
de modèle du cycle du carbone inversant l’enregistrement du δ
13 C des carbonates pendant le Cénozoïque (Goddéris et François, 1996 [15]). L’Himalaya
consomme du carbone (Fig. 6.11), mais sous forme organique, et il est donc,
au moins partiellement, responsable du refroidissement climatique au cours
du Cénozoïque. L’estimation de ces effets en termes de CO 2 atmosphérique
reste à mener à bien.
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Paléoclimatologie
dans l’équation (10), et le niveau de CO 2 s’abaisse jusqu’à ce que l’altération
des silicates compense à nouveau le dégazage de la Terre solide (Goddéris
et François, 1996 [15]). Aujourd’hui, 4 × 10
12 kg/an de matériaux en suspension sont évacués vers l’océan en provenance de la zone himalayenne, ce
qui représente 17 % du flux érosif mondial, alors que le rapport de la surface himalayenne à la surface totale des continents n’est que de 4 %. On
peut donc s’attendre à ce qu’une orogène majeure augmente considérablement la consommation de CO 2 atmosphérique par l’altération chimique des
roches exposées (accroissement du facteur f 3 ). Néanmoins, ce résultat n’est
pas confirmé par les données actuelles de flux d’éléments dissous dans les rivières en provenance de l’Himalaya. Ils suggèrent une consommation modeste
de 0,7 × 10
12 moles/an de CO 2 par altération des silicates himalayens, soit
seulement 6 % du total mondial, de 11,7 × 10
12 moles/an. L’une des raisons
de ce faible taux d’altération chimique est peut-être que le moteur érosif fonctionne trop bien en Himalaya, et que l’évacuation des débris produits par
érosion mécanique est trop rapide pour permettre le développement d’une altération chimique efficace. Il en résulterait un système d’altération qui serait
largement limité par la cinétique très lente de dissolution des minéraux. De
plus, la lithologie est telle que les silicates de calcium sont peu abondants dans
l’Himalaya et que le flux d K. Comme ces réactions chimiques ne mènent pas
à la précipitation de carbonates, leur effet sur le cycle du carbone est nul à
long terme.
Par contre, le taux de sédimentation, extrêmement élevé dans le golfe du
Bengale, est responsable de la préservation de très grandes quantités de matière organique, à la fois d’origine continentale et marine. On estime que le flux
d’enfouissement de carbone aux pieds de l’orogène est deux à trois fois plus
élevé que la consommation de CO 2 par l’altération des silicates himalayens.
Une étude récente montre que la préservation du carbone organique d’origine
continentale exporté par les rivières himalayennes est préservés à 100 % dans
les sédiments du golfe du Bengale : la sédimentation est telle que la préservation est totale (Galy et al., 2007 [13]). France-Lanord et Derry (1997) [12]
ont estimé que la croissance du réservoir sédimentaire de carbone organique
atteignait 0,6 × 10
12 moles/an. Cette valeur est d’un ordre de grandeur comparable à celle estimée à partir de simulations numériques, réalisées à l’aide
de modèle du cycle du carbone inversant l’enregistrement du δ
13 C des carbonates pendant le Cénozoïque (Goddéris et François, 1996 [15]). L’Himalaya
consomme du carbone (Fig. 6.11), mais sous forme organique, et il est donc,
au moins partiellement, responsable du refroidissement climatique au cours
du Cénozoïque. L’estimation de ces effets en termes de CO 2 atmosphérique
reste à mener à bien.
