“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 131 — #154
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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Les expériences de sensibilité réalisées (Ruddiman et al., 1997) ont montré
l’impact de la surrection du plateau tibétain d’un seul bloc. Maintenant nous
allons voir si la prise en compte de changements paléogéographiques plus réalistes (dérive des continents, surrection du Tibet en gradins, retrait progressif
d’une mer épicontinentale en Eurasie) affectent l’évolution de la mousson d’été
(Fig. 3.15). Ces expériences soulignent principalement le rôle joué par le retrait de la mer Paratéthys au Cénozoïque (Fluteau et al., 1999). Ce retrait
renforce le chauffage de l’Asie centrale, et par conséquent, le contraste thermique entre océan Indien et Asie, l’un des moteurs de la mousson. Les pluies
s’intensifient sur l’Inde et la chaîne de l’Himalaya, ce qui est conforme aux
données. Nous disposons donc de deux mécanismes susceptibles de renforcer
la mousson d’été.
L’histoire de la Terre est jalonnée d’orogenèses (ou de pénéplanations des
reliefs), mais les conséquences sur la circulation atmosphérique ou le climat
ne seront pas identiques. En effet, les effets dépendent des dimensions de
la chaîne, de sa localisation. Prenons l’exemple de la surrection du rift estafricain, contemporaine de l’assèchement de cette région au Mio-Pliocène et
donc de la disparition des forêts au profit d’un couvert végétal de type savane.
Nous avons vu un peu plus haut que la fermeture du passage indonésien en
était responsable. La surrection de ces reliefs, pourtant peu élevés (environ
1 500−2 000 m en moyenne) bloque la circulation des masses d’air humides en
provenance de l’océan Indien et induit également un assèchement causant la
disparition des forêts (Sepulchre et al., 2006). Deux événements géologiques,
la fermeture du passage indonésien et la surrection du rift est-africain peuvent
produire les mêmes effets climatiques.
3.3.6 Tectonique, climat et érosion
L’altitude d’une chaîne de montagnes dépend de différents paramètres dont
l’érosion. Intéressons-nous au rôle du climat sur l’érosion. Reprenons l’exemple
de la collision Inde-Asie. Les produits d’érosion mécanique des reliefs formés
par la collision Inde-Asie s’accumulent dans différents bassins périphériques,
qui se comblent progressivement. Ces bassins sont donc la mémoire de l’érosion à travers les âges, mais aussi des facteurs tectoniques et climatiques. Le
golfe du Bengale reçoit ainsi les produits de l’érosion du Haut Himalaya depuis
plus de 20 Ma, comme le montre la signature isotopique en néodyme de ces
sédiments. Les sédiments se déposent jusqu’à 3 000 km de l’estuaire du Gange
et localement, l’épaisseur de ces dépôts atteint 22 km. Si la source des sédiments reste inchangée pendant toute cette période, on estime en revanche que
le flux sédimentaire dans le golfe du Bengale a brusquement augmenté vers la
fin du Miocène. Les changements se situent donc au niveau de la chaîne de
l’Himalaya. Quelle est la raison de cette augmentation rapide ? Une origine
tectonique ou climatique ?
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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Les expériences de sensibilité réalisées (Ruddiman et al., 1997) ont montré
l’impact de la surrection du plateau tibétain d’un seul bloc. Maintenant nous
allons voir si la prise en compte de changements paléogéographiques plus réalistes (dérive des continents, surrection du Tibet en gradins, retrait progressif
d’une mer épicontinentale en Eurasie) affectent l’évolution de la mousson d’été
(Fig. 3.15). Ces expériences soulignent principalement le rôle joué par le retrait de la mer Paratéthys au Cénozoïque (Fluteau et al., 1999). Ce retrait
renforce le chauffage de l’Asie centrale, et par conséquent, le contraste thermique entre océan Indien et Asie, l’un des moteurs de la mousson. Les pluies
s’intensifient sur l’Inde et la chaîne de l’Himalaya, ce qui est conforme aux
données. Nous disposons donc de deux mécanismes susceptibles de renforcer
la mousson d’été.
L’histoire de la Terre est jalonnée d’orogenèses (ou de pénéplanations des
reliefs), mais les conséquences sur la circulation atmosphérique ou le climat
ne seront pas identiques. En effet, les effets dépendent des dimensions de
la chaîne, de sa localisation. Prenons l’exemple de la surrection du rift estafricain, contemporaine de l’assèchement de cette région au Mio-Pliocène et
donc de la disparition des forêts au profit d’un couvert végétal de type savane.
Nous avons vu un peu plus haut que la fermeture du passage indonésien en
était responsable. La surrection de ces reliefs, pourtant peu élevés (environ
1 500−2 000 m en moyenne) bloque la circulation des masses d’air humides en
provenance de l’océan Indien et induit également un assèchement causant la
disparition des forêts (Sepulchre et al., 2006). Deux événements géologiques,
la fermeture du passage indonésien et la surrection du rift est-africain peuvent
produire les mêmes effets climatiques.
3.3.6 Tectonique, climat et érosion
L’altitude d’une chaîne de montagnes dépend de différents paramètres dont
l’érosion. Intéressons-nous au rôle du climat sur l’érosion. Reprenons l’exemple
de la collision Inde-Asie. Les produits d’érosion mécanique des reliefs formés
par la collision Inde-Asie s’accumulent dans différents bassins périphériques,
qui se comblent progressivement. Ces bassins sont donc la mémoire de l’érosion à travers les âges, mais aussi des facteurs tectoniques et climatiques. Le
golfe du Bengale reçoit ainsi les produits de l’érosion du Haut Himalaya depuis
plus de 20 Ma, comme le montre la signature isotopique en néodyme de ces
sédiments. Les sédiments se déposent jusqu’à 3 000 km de l’estuaire du Gange
et localement, l’épaisseur de ces dépôts atteint 22 km. Si la source des sédiments reste inchangée pendant toute cette période, on estime en revanche que
le flux sédimentaire dans le golfe du Bengale a brusquement augmenté vers la
fin du Miocène. Les changements se situent donc au niveau de la chaîne de
l’Himalaya. Quelle est la raison de cette augmentation rapide ? Une origine
tectonique ou climatique ?
