“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 103 — #126
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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600
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Age (millions d'années)
Variations eustatiques (m)
-100
300
100
500
Fig. 3.7 – Courbe des variations du niveau marin par rapport à l’actuel (d’après
Haq et al., 1987 ; Haq et Al-Qahtani, 2005).
haute fréquence présente sur une courbe eustatique à l’échelle des temps géologiques a été remise en question. De plus, les recouvrements côtiers observés
dans les systèmes sédimentaires ne se traduiraient pas forcément en termes
de variations eustatiques.
Une méthode différente de celle de Haq et al. (1987) a été proposée par
Miller et son équipe (2005). Elle permet de déterminer les variations eustatiques à l’aide d’un modèle inverse en calculant les effets de la charge sédimentaire, de la compaction et de la charge océanique nécessaires pour simuler
la déformation d’un bassin (subsidence ou soulèvement) située sur une marge
passive. Les variations du niveau marin obtenues par cette méthode n’excèdent
pas les 100 mètres, soit deux fois moins que celles proposées par Haq et al.
(1987) pour la même période. De plus, les variations eustatiques obtenues
par ces deux méthodes peuvent être déphasées. Contrairement à la courbe de
Haq et al. (1987), qui reposait sur de nombreux enregistrements, la courbe de
variation de niveau marin de Miller s’appuie sur un nombre de sites réduit,
situés sur la marge est de l’Amérique du Nord. La déformation subie par ce
bassin par des processus dynamiques internes d’origine mantellique n’est pas
corrigée. Ce bassin pourrait avoir enregistré une topographie « dynamique »
de grande longueur d’onde (par opposition à la topographie liée à l’isostatie
d’une colonne lithosphérique) biaisant en partie le signal eustatique.
Pour comprendre ces désaccords, il est nécessaire d’analyser les mécanismes des changements de niveau marin. Les variations de la position des
rivages ont plusieurs origines possibles : variation du volume d’eau (le contenu)
ou variation du volume des bassins océaniques (le contenant). Changer le volume d’eau océanique implique un processus de contraction ou de dilatation
thermique et/ou de séquestration ou de relâchement de cette eau par un autre
réservoir (par exemple, les calottes de glace). Bien que fondamental pour le
fonctionnement du système climatique, le volume d’eau présent dans l’atmosphère sous forme vapeur et liquide (∼13 000 km
3 ) est totalement négligeable
au regard des volumes d’eau des bassins océaniques (∼1 347 millions de km
3 ).
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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Age (millions d'années)
Variations eustatiques (m)
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Fig. 3.7 – Courbe des variations du niveau marin par rapport à l’actuel (d’après
Haq et al., 1987 ; Haq et Al-Qahtani, 2005).
haute fréquence présente sur une courbe eustatique à l’échelle des temps géologiques a été remise en question. De plus, les recouvrements côtiers observés
dans les systèmes sédimentaires ne se traduiraient pas forcément en termes
de variations eustatiques.
Une méthode différente de celle de Haq et al. (1987) a été proposée par
Miller et son équipe (2005). Elle permet de déterminer les variations eustatiques à l’aide d’un modèle inverse en calculant les effets de la charge sédimentaire, de la compaction et de la charge océanique nécessaires pour simuler
la déformation d’un bassin (subsidence ou soulèvement) située sur une marge
passive. Les variations du niveau marin obtenues par cette méthode n’excèdent
pas les 100 mètres, soit deux fois moins que celles proposées par Haq et al.
(1987) pour la même période. De plus, les variations eustatiques obtenues
par ces deux méthodes peuvent être déphasées. Contrairement à la courbe de
Haq et al. (1987), qui reposait sur de nombreux enregistrements, la courbe de
variation de niveau marin de Miller s’appuie sur un nombre de sites réduit,
situés sur la marge est de l’Amérique du Nord. La déformation subie par ce
bassin par des processus dynamiques internes d’origine mantellique n’est pas
corrigée. Ce bassin pourrait avoir enregistré une topographie « dynamique »
de grande longueur d’onde (par opposition à la topographie liée à l’isostatie
d’une colonne lithosphérique) biaisant en partie le signal eustatique.
Pour comprendre ces désaccords, il est nécessaire d’analyser les mécanismes des changements de niveau marin. Les variations de la position des
rivages ont plusieurs origines possibles : variation du volume d’eau (le contenu)
ou variation du volume des bassins océaniques (le contenant). Changer le volume d’eau océanique implique un processus de contraction ou de dilatation
thermique et/ou de séquestration ou de relâchement de cette eau par un autre
réservoir (par exemple, les calottes de glace). Bien que fondamental pour le
fonctionnement du système climatique, le volume d’eau présent dans l’atmosphère sous forme vapeur et liquide (∼13 000 km
3 ) est totalement négligeable
au regard des volumes d’eau des bassins océaniques (∼1 347 millions de km
3 ).
