“paleoclimatique_t2” — 2013/10/24 — 11:38 — page 87 — #110
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3. L’évolution des climats à l’échelle des temps géologiques
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3.2 Les reconstructions paléogéographiques
Les reconstructions paléogéographiques nécessitent la localisation des
continents à travers les âges géologiques, la localisation des paléorivages, et
la restitution des paléoreliefs. Nous allons voir quels sont les techniques et les
outils mis en œuvre pour retrouver ces informations, ainsi que les incertitudes
inhérentes à chacune des méthodes utilisées.
3.2.1 La valse des continents
En 1915, le météorologue allemand Alfred Wegener pose les bases de la
tectonique des plaques dans un ouvrage intitulé Die Entstehung der Kontinente und Ozeane (La Genèse des Continents et des Océans). Cette théorie
repose sur trois arguments de continuité obtenus par la fermeture des océans
Atlantique et Indien : la continuité géologique des terrains et de leurs déformations, la continuité paléontologique des flores (Glossopteris) et des faunes
(Mesosaurus, Lystrosaurus, Cynognathus), et enfin la continuité paléoclimatique. Des sédiments d’origine glaciaire, d’âge Carbonifère ont été découverts
à la fin du xix
e siècle en Afrique, en Inde et en Australie. Wegener a montré qu’en refermant les océans Atlantique et Indien, tous ces affleurements
se regroupaient de manière cohérente à proximité de ce qui devait être le
pôle Sud de l’époque. Tous ces arguments plaidaient en faveur de l’existence
d’un supercontinent, la Pangée. Cette théorie révolutionnaire de la translation
des continents fut massivement rejetée par la communauté des sciences de la
Terre qui préférait croire en leur immobilité, et qui reprochait à Wegener,
l’absence de mécanismes démontrant sa théorie. Les paléontologues du début
du xx
e siècle s’accrochèrent à cette géographie figée, et inventèrent la théorie
des « ponts continentaux », langues de terre qui auraient relié les continents,
pour expliquer la migration des faunes et des flores. Quelques géologues ont
tout de même cru à cette théorie et l’ont même étayée comme le Sud-Africain
Alexander Du Toit, ou le Suisse Emile Argand. En 1929, un argument décisif
en faveur de la théorie de Wegener est établi par l’Anglais Arthur Holmes.
Il est le premier à établir les bases de la convection thermique du manteau
terrestre. Mais, là aussi, cet argument ne reçoit pas l’écho escompté dans la
communauté des sciences de la Terre, et il faudra attendre les années 1960
pour voir en Holmes, un précurseur de la tectonique des plaques.
À partir des années 1940, l’exploration des fonds océaniques allait révolutionner les sciences de la Terre. La découverte de la morphologie des fonds
océaniques, avec ses dorsales, amena Harry Hess à poser en 1962 les bases de
l’expansion des fonds océaniques. Un demi-siècle après Wegener, les sciences
de la Terre connaissent une véritable révolution, avec la découverte des anomalies magnétiques marines. Une campagne océanographique américaine cartographia le champ magnétique autour de la ride Juan de Fuca, au large des
côtes nord-américaines, dans l’océan Pacifique Est. En retranchant le champ
magnétique ambiant des données magnétiques, des anomalies alternativement
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