“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 58 — #72
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L’épopée de l’énergie nucléaire
Les développements de la « neutronique
analytique »
Nous avons vu que les notes rapportées des États-Unis par Kowarski, Guéron et Goldschmidt furent fort utiles pour démarrer, en France, les études de réacteurs et en particulier
pour concevoir Zoé. Très vite cependant des développements originaux furent menés :
une « École française de neutronique » s’est créée à cette époque, animée par Jacques
Yvon (qui sera par la suite haut-commissaire) et les chercheurs du prestigieux Service de
physique mathématique, notamment Jules Horowitz (qui sera par la suite le directeur des
Piles atomiques, puis de la Recherche fondamentale au CEA).
[ c
CEA. Archives CEA.]
Figure 2.35. Jacques Yvon (1903-1979) fut
chef du Service de physique mathématique,
puis haut-commissaire (1970-1975).
[ c
CEA. Archives CEA.]
Figure 2.36. Jules Horowitz (1921-1995) débuta sa
carrière au Service de physique mathématique ; il
fut ensuite directeur des Piles atomiques, puis de
la Recherche fondamentale du CEA.
• Les études de réseaux
Nous avons vu au chapitre précédent qu’un formulaire assez simple, recalé grâce à quelques
expériences bien conçues, a suffi aux pionniers pour concevoir et réaliser les premières
expériences critiques ; par exemple, la hauteur critique d’eau lourde de la pile Zoé de
Fontenay-aux-Roses a été prédite à quelques centimètres près malgré les incertitudes
qu’apportait l’utilisation d’oxyde d’uranium et non d’uranium métallique.
Avec les premières machines industrielles, par exemple, en France, les piles G1, G2 et
G3 de Marcoule, puis les réacteurs UNGG, des calculs de cœur plus précis sont devenus
nécessaires. Deux paramètres caractérisent essentiellement le « réseau » qui constituent
le cœur : le diamètre des barreaux d’uranium et leur écartement (c’est-à-dire le pas du
réseau carré ou triangulaire des briques de graphite percées d’un canal central où sont
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