“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 1 — #15
i
i
i
i
i
i
i
i
1
Les prémices de l’énergie
nucléaire
L’intuition de la structure atomique dès l’Antiquité
La matière qui nous entoure, — l’argile, le quartz, l’eau ou l’air... —, nous semble parfaitement continue : la plupart des penseurs de l’Antiquité estimaient que même divisée aussi
finement qu’on le voudra elle conservera son apparence lisse. Cependant, sans pouvoir
en apporter une preuve scientifique, certains savants, tels Démocrite, élève de Leucippe,
dans la Grèce du IV
e siècle avant J.-C., ont soutenu l’hypothèse d’une structure discontinue : à une échelle trop petite pour être discernée, estimaient ces philosophes, la matière
est formée de tout petits atomes (c’est-à-dire des grains insécables) doués de quelques interactions pouvant expliquer les propriétés macroscopiques de la matière : la variété des
assemblages possibles d’atomes explique la variété des apparences de la matière. Cette
théorie de l’atomisme sera reprise par Épicure (341-270 av. J.-C.), puis par Lucrèce (v. 9855 av. J.-C.) : les atomes sont éternels et immuables, mais les agrégats d’atomes, plus ou
moins résistants, peuvent se décomposer. La théorie de l’atomisme tombera ensuite dans
l’oubli avant de réapparaître au XVII
e siècle.
On sait aujourd’hui que cette intuition était correcte même si les grains que nous
nommons maintenant « atomes » ne sont pas réellement des objets insécables, comme on
l’a découvert avec la radioactivité !
Les travaux précurseurs : Dalton, Mendeleïev...
Bien avant la physique nucléaire, ce sont les travaux des chimistes du XIX
e siècle qui
ont conforté l’idée d’une structure atomique : elle explique, en effet, très naturellement
les proportions simples observées sur les quantités de réactifs intervenant dans les réactions chimiques. Cependant, ceux qui ont soutenu la thèse atomique (Dalton, Gay-Lussac,
Mendeleïev...) ne pouvaient pas vraiment étayer cette hypothèse qui fut effectivement longuement contestée par beaucoup de leurs collègues.
Ce n’est que dans toutes dernières années de ce XIX
e siècle que les premières découvertes dans le domaine de la physique nucléaire commencèrent à conforter la présomption
d’une structure atomique.
Précédent

- 21/189

Suivant