“reuss” — 2007/1/9 — 17:32 — page 81 — #95
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3 - La maturité de l’énergie nucléaire
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assez peu absorbantes et très absorbantes pour les neutrons thermiques, ce qui a comme
conséquence de créer localement, dans les zones à plutonium et près des interfaces, des
« pics de puissance » (points chauds) inacceptables. Pour les atténuer il a fallu étudier un
« zonage » des assemblages MOX mettant en jeu des crayons de combustible mixte à trois
teneurs différentes et croissantes de la périphérie vers le centre.
Cela augmente le coût de fabrication des assemblages MOX déjà grevé par rapport
à celui des assemblages UOX par la nécessité de travailler en « boîtes à gants » à cause
de la radioactivité du plutonium plus importante que celle de l’uranium. En ajoutant le
coût du retraitement (ce qui est un peu conventionnel, car le retraitement ne se justifie pas
seulement par la récupération du plutonium mais aussi par le meilleur conditionnement
des déchets), d’aucuns ont contesté l’intérêt économique du recyclage du plutonium dans
les réacteurs à eau !
Remarque : la faisabilité technique de l’utilisation de l’uranium de retraitement (URT)
a été démontrée, mais le recyclage de l’uranium n’est pas réalisé aujourd’hui à grande
échelle. Cet uranium est stocké comme « réserve stratégique » en cas de crise. On hésiterait à le faire ré-enrichir par Eurodif pour éviter la pollution de l’usine par des isotopes
mineurs (uranium 236, uranium 232, etc.) produits par irradiation. On envisagerait plutôt une usine spécifique pour traiter l’URT (le procédé le plus adapté étant dans ce cas
l’ultracentrifugation).
Retraitement ou stockage en l’état
des combustibles irradiés ?
Ce raisonnement en faveur du recyclage du plutonium dans les réacteurs à eau fait par
quelques pays de l’Union européenne, la France en particulier, ainsi qu’au Japon, a été
fortement contesté dans d’autres pays tels la Suède et, surtout, les États-Unis : ces pays ont
renoncé au retraitement du combustible irradié dans les réacteurs, et donc au recyclage du
plutonium ; ils se contentent d’entreposer en l’état, pour une durée indéterminée, les assemblages irradiés. À plus long terme, un choix définitif reste possible entre un retraitement
ou un stockage définitif (à envisager en « stockage géologique » à grande profondeur).
Aux raisons économiques que nous venons d’évoquer se sont ajoutées des considérations plus politiques.
La politique « Carter »
En 1977, les États-Unis élisent, pour quatre ans, Jimmy Carter. Bien qu’ayant une formation dans le domaine nucléaire, ce Président s’est violemment opposé à l’utilisation du
plutonium en arguant les risques de prolifération. (Comme souvent sur les questions touchant au nucléaire, cette prise de position fut sans doute plus idéologique que fondée
sur une argumentation strictement technique.) À son initiative, un groupe de réflexion,
l’INFCE (International Nuclear Fuel Cycle Evaluation : évaluation internationale du cycle
du combustible nucléaire), rassemblant des experts d’une quarantaine de pays, démarre
ses travaux en octobre 1977. Ils auront permis de préciser les idées sur les problèmes de
cycle de combustible (avantages et inconvénients du cycle « ouvert » sans retraitement
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