Chapitre 3
Phénomènes collectifs
Il est également possible que si chacun, pâle d’enthousiasme, applaudit, bisse et se démène, c’est parce que les autres aussi se démènent et
poussent des cris ; et il peut très bien arriver ainsi que, dans une salle de
concert, nul ne soit directement enchanté, mais que tous manifestent leur
enchantement parce que chacun se modèle sur ses voisins.
Ferdydurke, W. Gombrowicz.
L’extrême variété des conditions de température, degré d’ionisation, densité et
champ magnétique, des plasmas spatiaux, thermonucléaires et industriels, illustrée
par les figures 1.1 et 1.2, se traduit par une grande richesse de comportement
physique. Afin de maîtriser cette diversité phénoménologique, la première étape
d’un travail de modélisation est donc l’identification des différents paramètres
caractéristiques (temps, longueurs, énergie...) associés à un plasma et aux processus
considérés. Ce travail d’identification des paramètres caractéristiques implique,
en premier lieu, un recensement de toutes les quantités dimensionnées (densité,
masse de l’électron, température...) intervenant dans la description du plasma et des
processus dynamiques ; puis, à partir de ces paramètres primaires, la construction
d’un jeu de paramètres secondaires (fréquence de Langmuir, vitesse d’Alfvén,
fréquence cyclotron...) d’usage plus courant et plus adapté à la discussion des
différents régimes physiques.
C’est cet ensemble de paramètres secondaires, présenté dans ce chapitre, que
nous appellerons échelles caractéristiques des phénomènes collectifs car ils sont
caractéristiques d’un certain nombre de phénomènes génériques (écrantage, quasineutralité, relaxation...) associés aux réponses collectives du plasma. La discussion
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