Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
de mathématiques en deux semestres, et qui favorisait les vrais
passionnés.
« C’était un cours extraordinaire », raconte David Harbater,
ancien membre de la « mafia des maths », aujourd’hui professeur
de mathématiques à l’université de Pennsylvanie. « On peut affirmer sans crainte qu’il n’y a jamais eu de cours d’entrée d’université
aussi intensif et avancé. Pour que les gens s’en rendent compte,
je précise d’habitude que dès le deuxième semestre, entre autres
choses, nous discutions la géométrie différentielle des espaces de
Banach. C’est là que les yeux s’écarquillent, car la plupart des gens
ne commencent à en parler qu’en troisième cycle. »
De soixante-quinze étudiants, la classe s’est rapidement réduite
à vingt vers la fin du second semestre. De ces vingt, raconte Harbater, « seulement dix savaient réellement ce qu’ils faisaient ».
De ces dix, huit deviendraient professeurs de mathématiques, et
un enseignerait la physique. « Le dernier, conclut Harbater, était
Richard Stallman. »
Seth Breidbart, lui aussi vétéran du SHP et de Math 55, se
souvient que même alors, Stallman se distinguait de ses collègues :
« Il était étrangement pointilleux, poursuit Breidbart. En mathématiques, il y a une technique standard que tout le monde fait
de travers. C’est un abus de notation où vous devez définir une
fonction, et ce que vous faites, c’est la définir et ensuite prouver
qu’elle est bien définie. Sauf que la première fois qu’il l’a faite
et présentée, il a défini une relation et prouvé ensuite que c’était
une fonction. C’est exactement la même preuve, mais il a utilisé
la bonne terminologie, ce que personne d’autre ne faisait. Voilà,
c’était Richard tout craché. »
Ce fut en Math 55 que Richard Stallman commença à cultiver sa réputation de génie. Breidbart en convint, mais Chess, à
la fibre plus compétitive, mit du temps à l’accepter. Il dit n’avoir
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