Richard Stallman et la révolution du logiciel libre - Une biographie autorisée
Et en parlant de liberté…
de Richard Stallman
Aux Français, j’explique le logiciel libre en trois mots qui devraient leur être familiers : liberté, égalité, fraternité. Liberté, parce
que chaque utilisateur est libre de l’usage qu’il veut faire du programme. Égalité, parce que le logiciel libre ne confère à personne de
pouvoir sur personne. Fraternité, parce que les utilisateurs peuvent
s’entraider, en partageant des copies et en développant en collaboration leurs versions.
Il va sans dire qu’aujourd’hui, vue l’omniprésence de
l’informatique dans la vie, la fraternité en informatique ne se limite
plus aux seuls logiciels. Partager des copies des œuvres publiées est
une pratique commune, fort utile. Cette pratique ne doit souffrir
aucune entrave.
Or, dans le monde, les États qui sont dominés par l’empire
des entreprises mènent une guerre contre la pratique du partage,
au point d’en faire paraître la simple notion comme aberrante, antinaturelle, voire barbare. Ils l’appellent « piraterie » comme si
partager équivalait moralement à attaquer et piller un navire.
Cette guerre est orchestrée par l’industrie du divertissement.
Avec la loi HADOPI, la France en est la victime emblématique.
Avec cette loi, je crois que l’actuel gouvernement français porte atteinte du même coup aux trois valeurs de liberté, d’égalité, et de
fraternité. Liberté, parce que cette loi institutionnalise la chasse à
ceux qui osent partager. Égalité, parce que cette loi n’octroie qu’à
quelques organisations privées le pouvoir exclusif de la dénonciation. Fraternité, parce que son but est d’écraser l’entraide qui lie
les citoyens.
L’aspect qui révèle le plus clairement la nature tyrannique de
la loi HADOPI est qu’elle cherche à imposer à chaque Français le
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