Une oasis de liberté
Lors d’une dernière entrevue avec Stallman, je lui demandai ce
qu’il pensait des comparaisons religieuses : « Certaines personnes
me comparent en effet à un vieux prophète de l’Ancien Testament, et la raison en est que ces prophètes dénonçaient certaines
pratiques sociales inadéquates. Jamais ils n’auraient transigé sur
des questions d’ordre moral. Ils ne pouvaient être achetés, et ils
étaient habituellement méprisés. »
] ] ]
Ces comparaisons sonnent vrai sans toutefois rendre compte
de la part vulnérable du personnage. Observez son regard assez
longtemps, et vous commencerez à noter des changements subtils.
Ce qui ne ressemble au début qu’à une tentative d’intimidation
ou d’hypnose se révèle à mesure n’être qu’une tentative frustrée d’établir et de maintenir le contact. Si sa personnalité revêt
quelques traits d’autisme ou du syndrome d’Asperger (hypothèse
que Stallman envisagea parfois), ses yeux constituent à eux seuls
une confirmation du diagnostic. Même à leur plus forte intensité,
ils se font nuageux et distants, comme ceux d’un animal blessé se
préparant à rendre l’âme.
Ma première rencontre personnelle avec ce regard légendaire
remonte à mars 1999, au salon LinuxWorld de San Jose, en Californie. Étiquetée comme le coming out de la communauté Linux,
Torvalds qui a finalement emmené [le mouvement] jusqu’à la Terre Promise,
en aidant à compléter le puzzle du système d’exploitation. Comme Moïse,
Stallman est à la fois respecté et rejeté par ses alliés au sein du mouvement.
C’est un leader intransigeant, et donc pour certains d’autant plus convaincant,
dans un domaine crucial de la culture moderne. J’ai un profond respect pour
les principes et l’engagement de cet homme extraordinaire, mais j’ai le même
respect pour ceux qui sont assez courageux pour remettre ses idées en question
et encourir sa colère. »
81
Lors d’une dernière entrevue avec Stallman, je lui demandai ce
qu’il pensait des comparaisons religieuses : « Certaines personnes
me comparent en effet à un vieux prophète de l’Ancien Testament, et la raison en est que ces prophètes dénonçaient certaines
pratiques sociales inadéquates. Jamais ils n’auraient transigé sur
des questions d’ordre moral. Ils ne pouvaient être achetés, et ils
étaient habituellement méprisés. »
] ] ]
Ces comparaisons sonnent vrai sans toutefois rendre compte
de la part vulnérable du personnage. Observez son regard assez
longtemps, et vous commencerez à noter des changements subtils.
Ce qui ne ressemble au début qu’à une tentative d’intimidation
ou d’hypnose se révèle à mesure n’être qu’une tentative frustrée d’établir et de maintenir le contact. Si sa personnalité revêt
quelques traits d’autisme ou du syndrome d’Asperger (hypothèse
que Stallman envisagea parfois), ses yeux constituent à eux seuls
une confirmation du diagnostic. Même à leur plus forte intensité,
ils se font nuageux et distants, comme ceux d’un animal blessé se
préparant à rendre l’âme.
Ma première rencontre personnelle avec ce regard légendaire
remonte à mars 1999, au salon LinuxWorld de San Jose, en Californie. Étiquetée comme le coming out de la communauté Linux,
Torvalds qui a finalement emmené [le mouvement] jusqu’à la Terre Promise,
en aidant à compléter le puzzle du système d’exploitation. Comme Moïse,
Stallman est à la fois respecté et rejeté par ses alliés au sein du mouvement.
C’est un leader intransigeant, et donc pour certains d’autant plus convaincant,
dans un domaine crucial de la culture moderne. J’ai un profond respect pour
les principes et l’engagement de cet homme extraordinaire, mais j’ai le même
respect pour ceux qui sont assez courageux pour remettre ses idées en question
et encourir sa colère. »
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