màlthuslanlsme
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son Essay on princip/e of population. Malthus avait déduit du
recensement de la population des Etats-Unis que celle-ci peut
doubler en 25 ans et qu'on est donc en présence d'une progression
géométrique (ou d'une foQction exponentielle si l'on exprime la
croissance en taux annuel : ici environ 3 % ). En regard, Malthus
faisait figurer la croissance linéaire ou progression arithmétique des
ressources alimentaires. Appliquée à la population du Royaume Uni,
cette théorie donne les résultats suivants : une population de 10 millions d'habitants en 1800 devrait passer à 672 millions, en 1950,
tandis que les ressources alimentaires ne passeraient que de 10 à 70.
A court terme, la théorie de Malthus attirait l'attention sur le
changement qui s'opérait dans la croissance démographique de la
Grande-Bretagne qui, du taux dérisoire de 0,2 % entre 1710 et 1760,
passait à 1,1 % en moyenne de 1760 à 1860. Quoique lente et
modeste à nos yeux d'aujourd'hui, cette poussée démographique allait
être confrontée à une série exceptionnelle de mauvaises récoltes de
1789 à 1814. Cependant, quelques dizaines d'années plus tard, la
situation s'est sensiblement améliorée, malgré les rançons de la
première révolution industrielle, démentant ainsi la crainte exprimée
par Malthus dans la cinquième édition de !'Essai, en commentant les
résultats des deux premiers recensements effectués en Angleterre en
1800 et 1810 : « Le rapport entre la population de 1800 et celle de
1810 est tout-à-fait extraordinaire pour un pays riche et bien peuplé ...
S'il continuait, il doublerait le nombre des habitants en 55 ans. C'est
un taux d'accroissement qui dans la nature des choses, ne peut être
permanent. » En réalité, la population du Royaume-Uni croîtra de 10
millions en 1800 à 55 millions en 1970, auxquels il faut ajouter 17
millions d'expatriés. Les craintes de Malthus seront heureusement
démenties en ce qui concerne les ressources. Le travailleur qui en
1800 devait peiner deux ou trois heures pour avoir de quoi acheter un
pain d'un kilo, l'obtient aajourd'hui après dix-huit minutes de travail
à peine. L'énergie - charbon d'abord, pétrole ensuite - a fait son
entrée dans le destin de l'homme. L'élévation du niveau de vie
entraîne une limitation progressive de la natalité. Le modèle de
Malthus paraît donc entièrement dépassé, réduit à ne plus susciter
qu'un intérêt rétrospectif. En réalité, une grande partie du monde
continuait à vivre dans une situation analogue à celle de l'Europe au
XVIII' siècle, c'est-à-dire dans une quasi-stabilité numérique assurée
par les assauts réguliers des famines et des épidémies. L'amélioration
de l'hygiène et de l'équipement sanitaire amorce en 1920 une poussée
démographique qui atteint en 1970 environ 2,6 %, soit un doublement
en moins de trente ans. Un cri d'alarme est lancé, en particulier au
l" Congrès Mondial de la Population de 1954, sur la base du
premier recensement mondial (sauf la Chine) réalisé en 1950. On
mesure que durant la dernière décennie du siècle (1990 à 2000), il
naîtra plus d'hommes que le monde entier n'en comptait au moment
où Malthus écrivait son Essai. Celui-ci n'en redevient pas moins
actuel; puisque les ressources de la terre - les surfaces de terres
agricoles, en particulier - paraissent approcher cette fois véritablement de leur limite et . les succès de la Révolution◊ Verte ne
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son Essay on princip/e of population. Malthus avait déduit du
recensement de la population des Etats-Unis que celle-ci peut
doubler en 25 ans et qu'on est donc en présence d'une progression
géométrique (ou d'une foQction exponentielle si l'on exprime la
croissance en taux annuel : ici environ 3 % ). En regard, Malthus
faisait figurer la croissance linéaire ou progression arithmétique des
ressources alimentaires. Appliquée à la population du Royaume Uni,
cette théorie donne les résultats suivants : une population de 10 millions d'habitants en 1800 devrait passer à 672 millions, en 1950,
tandis que les ressources alimentaires ne passeraient que de 10 à 70.
A court terme, la théorie de Malthus attirait l'attention sur le
changement qui s'opérait dans la croissance démographique de la
Grande-Bretagne qui, du taux dérisoire de 0,2 % entre 1710 et 1760,
passait à 1,1 % en moyenne de 1760 à 1860. Quoique lente et
modeste à nos yeux d'aujourd'hui, cette poussée démographique allait
être confrontée à une série exceptionnelle de mauvaises récoltes de
1789 à 1814. Cependant, quelques dizaines d'années plus tard, la
situation s'est sensiblement améliorée, malgré les rançons de la
première révolution industrielle, démentant ainsi la crainte exprimée
par Malthus dans la cinquième édition de !'Essai, en commentant les
résultats des deux premiers recensements effectués en Angleterre en
1800 et 1810 : « Le rapport entre la population de 1800 et celle de
1810 est tout-à-fait extraordinaire pour un pays riche et bien peuplé ...
S'il continuait, il doublerait le nombre des habitants en 55 ans. C'est
un taux d'accroissement qui dans la nature des choses, ne peut être
permanent. » En réalité, la population du Royaume-Uni croîtra de 10
millions en 1800 à 55 millions en 1970, auxquels il faut ajouter 17
millions d'expatriés. Les craintes de Malthus seront heureusement
démenties en ce qui concerne les ressources. Le travailleur qui en
1800 devait peiner deux ou trois heures pour avoir de quoi acheter un
pain d'un kilo, l'obtient aajourd'hui après dix-huit minutes de travail
à peine. L'énergie - charbon d'abord, pétrole ensuite - a fait son
entrée dans le destin de l'homme. L'élévation du niveau de vie
entraîne une limitation progressive de la natalité. Le modèle de
Malthus paraît donc entièrement dépassé, réduit à ne plus susciter
qu'un intérêt rétrospectif. En réalité, une grande partie du monde
continuait à vivre dans une situation analogue à celle de l'Europe au
XVIII' siècle, c'est-à-dire dans une quasi-stabilité numérique assurée
par les assauts réguliers des famines et des épidémies. L'amélioration
de l'hygiène et de l'équipement sanitaire amorce en 1920 une poussée
démographique qui atteint en 1970 environ 2,6 %, soit un doublement
en moins de trente ans. Un cri d'alarme est lancé, en particulier au
l" Congrès Mondial de la Population de 1954, sur la base du
premier recensement mondial (sauf la Chine) réalisé en 1950. On
mesure que durant la dernière décennie du siècle (1990 à 2000), il
naîtra plus d'hommes que le monde entier n'en comptait au moment
où Malthus écrivait son Essai. Celui-ci n'en redevient pas moins
actuel; puisque les ressources de la terre - les surfaces de terres
agricoles, en particulier - paraissent approcher cette fois véritablement de leur limite et . les succès de la Révolution◊ Verte ne
