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On les rencontre aussi bien en haute montagne là où toute autre
végétation disparaît, que dans les déserts ou les régions arctiques où
ils sont broutés par les rennes. Les lichens constituent de remarquables bio-indicateurs de la pollution de l'air: ils sont extrêmement
sensibles à l'anhydride sulfureux. Une teneur de O,l ppm suffit à les
faire disparaître. C'est ce qui explique la disparition progressive des
lichens au fur et à mesure que l'on se rapproche du centre des villes.
C'est ainsi qu'à Lille on dénombrait 21 espèces de lichens sur les
arbres en 1900, il en subsistait deux en 195 l, aucune en 1973.
Cependant, une partie du phénomène doit être· attribuée aussi à la
sécheresse plus grande des milieux urbains. Les études faites dans
différents pays (Belfort, Stockholm) ont confirmé que la pollution
atmosphérique est la cause principale, étant donné la sensibilité
particulière des lichens. Ceux-ci sont généralement sur un substrat
pauvre ou stérile (rochers ou écorces) de telle sorte qu'ils absorbent
préférentiellement les impuretés en fonctionnant comme une sorte de
filtre. On a trouvé ainsi des teneurs considérables en soufre, même à
de grandes distances des sources polluantes : 2 870 ppm à 6 km, 645
ppm à 14 km. Cette particularité de stocker ainsi des substances_
diluées dans l'air explique également l'accumulation des radioéléments provenant des retombées<> radioactives. Cette accumulation est
favorisée par le sol des toundras qui, très pauvre en éléments
nutritifs, mobilise le strontium et le caesium dont les propriétés
chimiques sont analogues au calcium et potassium manquants. Le
taux s'élève rapidement dans les lichens avec deux conséquences
graves : entrée dans un chaîne trophique<> (les rennes mangent les
lichens, les Esquimaux, les Lapons, etc. mangent la viande de renne)
et disparition progressive par contamination radioactive perturbant•
reproduction et croissance.
Bibl.: Ch. Souchon, Les lichens. Que Sais-je? n° 1434, PUF, Paris,
1971.
P. Gascar, Le présage. Gallimard, Paris, 1972.
B.W. Ferry and ... , Air pollution and lichens. Athlone Press, London, 1973.
LIEBIG, Justus von. Chimiste allemand (1803-1873) qui eut une
activité considérable, tant en chimie minérale qu'organique. · Etablit la
loi du minimum à propos de l'alimentation en sels minéraux des
végétaux et selon laquelle la production de matière végétale dépend
essentiellement de l'élément dont la concentration est insuffisante. A
eu une grande influence sur le développement de l'usage et de la
production des engrais chimiques.
LIMNJCOLE (adj.). Qui vit dans les eaux douces ou continentales.
LIMNOLOGIE (nom fém.). Terme créé en 1892 par le Suisse F.A.
Fore! pour désigner l'application aux eaux stagnantes continentales
(lacs} des méthodes de l'océanographie ou de l'océanologie. La
limnologie s'intéresse donc à tous les facteurs de la vie dans les
eaux stagnantes, tandis que l'on appelle potamologie, la biologie des
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