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A chaque rupture technologique doit être imaginée la rupture de mentalité qui ira avec. La capacité de
pouvoir modifier une image avec nos doigts a instauré en nous un nouveau rapport à l'image, un lien
direct entre vision et toucher. Avec l'évolution des recherches et des réalisations liées à l'intelligence
artificielle, nos rapports avec la voix, avec la mémoire, avec la décision vont tout autant se retrouver
bouleversées. Prendre seulement en considération le volet "acceptation" d'une technologie, revient à
réduire le couplage (Usagers, Technologies) à la simple considération d'un comportement face à un
dispositif. Pour dépasser cela, il ne faut pas faire l'impasse sur les intentions, les détournements, les
envies. Plutôt que de parler d'acceptation des technologies, il faut envisager d'emblée l'appropriation
de ces technologies. Ce glissement de l'acceptabilité vers l'appropriation demande l'éclairage des
sciences du comportement et une collaboration effective entre chercheurs en IA et chercheurs en
sciences humaines et sociales. La co-construction de solutions aboutit à des résultats plus performants
ou tout simplement plus adaptés. C'est le cas dans les recherches sur la cobotique, sur la sociologie
computationnelle, sur la cognitique ou encore sur les humanités numériques. Dans tous ces domaines,
les études transdisciplinaires permettent d'anticiper ou de comprendre les évolutions de mentalités qui
s'opèrent avec l'usage et l'appropriation des technologies issues de l'intelligence artificielle.
Aspects déontiques (respect des lois par les méthodes d’intelligence artificielle)
Les questionnements sur les problèmes éthiques, légaux et sociétaux (dits ELS) dans l'usage de l’IA et
des robots datent d’une quinzaine d’années et sont devenus dernièrement assez prégnants avec
l’apparition de nouvelles applications. Ils concernent des domaines très variés comme la protection de
la vie privée, la surveillance, l’interaction avec des personnes vulnérables, la responsabilité morale et
juridique, l’imitation du vivant, le statut du robot dans la société, le statut de l’humain augmenté par le
robot, la prise de décision autonome (par exemple pour les voitures autonomes ou pour les armes), ou
les risques hypothétiques posés par l’IA “générale”. Les recherches sur ces différents aspects doivent
impliquer des travaux interdisciplinaires associant par exemple les chercheurs en IA et robotique avec
des philosophes, juristes ou psychologues. Mais posent également des questions purement théoriques,
comme par exemple la validation/certification de méthodes développées en intelligence artificielle (i.e.
peut-on prouver (vérifier) qu'une méthode satisfait un ensemble de lois données ?).
IA pour le droit (modélisation du raisonnement juridique)
Il existe de nombreux travaux théoriques concernant la représentation des connaissances et le raisonnement dans le contexte juridique, en utilisant différents types de logiques. Cependant, jusqu'à présent,
seul un nombre limité de travaux consacrés aux systèmes juridiques ont été capables de simuler le
raisonnement des juges leur permettant de prendre des décisions indépendamment de domaines
d’application particuliers et circonscrits de la loi. Pour autant, la possibilité d'un mécanisme de raisonnement juridique générique (intégrant les différents types de raisonnement utilisés par les juges lors de
la prise de leurs décisions) pour développer des systèmes juridiques (fondés sur l’IA) génériques est
une perspective réelle. Ces systèmes pourraient alors être instanciés afin de traiter différentes situations d'application du droit. Cet axe de recherche comprend des dimensions liées à l’acceptabilité, à la
déontique et à l’explicabilité mentionnées ci-avant. (voir rapport du sous-groupe dédié en annexe 6)
A chaque rupture technologique doit être imaginée la rupture de mentalité qui ira avec. La capacité de
pouvoir modifier une image avec nos doigts a instauré en nous un nouveau rapport à l'image, un lien
direct entre vision et toucher. Avec l'évolution des recherches et des réalisations liées à l'intelligence
artificielle, nos rapports avec la voix, avec la mémoire, avec la décision vont tout autant se retrouver
bouleversées. Prendre seulement en considération le volet "acceptation" d'une technologie, revient à
réduire le couplage (Usagers, Technologies) à la simple considération d'un comportement face à un
dispositif. Pour dépasser cela, il ne faut pas faire l'impasse sur les intentions, les détournements, les
envies. Plutôt que de parler d'acceptation des technologies, il faut envisager d'emblée l'appropriation
de ces technologies. Ce glissement de l'acceptabilité vers l'appropriation demande l'éclairage des
sciences du comportement et une collaboration effective entre chercheurs en IA et chercheurs en
sciences humaines et sociales. La co-construction de solutions aboutit à des résultats plus performants
ou tout simplement plus adaptés. C'est le cas dans les recherches sur la cobotique, sur la sociologie
computationnelle, sur la cognitique ou encore sur les humanités numériques. Dans tous ces domaines,
les études transdisciplinaires permettent d'anticiper ou de comprendre les évolutions de mentalités qui
s'opèrent avec l'usage et l'appropriation des technologies issues de l'intelligence artificielle.
Aspects déontiques (respect des lois par les méthodes d’intelligence artificielle)
Les questionnements sur les problèmes éthiques, légaux et sociétaux (dits ELS) dans l'usage de l’IA et
des robots datent d’une quinzaine d’années et sont devenus dernièrement assez prégnants avec
l’apparition de nouvelles applications. Ils concernent des domaines très variés comme la protection de
la vie privée, la surveillance, l’interaction avec des personnes vulnérables, la responsabilité morale et
juridique, l’imitation du vivant, le statut du robot dans la société, le statut de l’humain augmenté par le
robot, la prise de décision autonome (par exemple pour les voitures autonomes ou pour les armes), ou
les risques hypothétiques posés par l’IA “générale”. Les recherches sur ces différents aspects doivent
impliquer des travaux interdisciplinaires associant par exemple les chercheurs en IA et robotique avec
des philosophes, juristes ou psychologues. Mais posent également des questions purement théoriques,
comme par exemple la validation/certification de méthodes développées en intelligence artificielle (i.e.
peut-on prouver (vérifier) qu'une méthode satisfait un ensemble de lois données ?).
IA pour le droit (modélisation du raisonnement juridique)
Il existe de nombreux travaux théoriques concernant la représentation des connaissances et le raisonnement dans le contexte juridique, en utilisant différents types de logiques. Cependant, jusqu'à présent,
seul un nombre limité de travaux consacrés aux systèmes juridiques ont été capables de simuler le
raisonnement des juges leur permettant de prendre des décisions indépendamment de domaines
d’application particuliers et circonscrits de la loi. Pour autant, la possibilité d'un mécanisme de raisonnement juridique générique (intégrant les différents types de raisonnement utilisés par les juges lors de
la prise de leurs décisions) pour développer des systèmes juridiques (fondés sur l’IA) génériques est
une perspective réelle. Ces systèmes pourraient alors être instanciés afin de traiter différentes situations d'application du droit. Cet axe de recherche comprend des dimensions liées à l’acceptabilité, à la
déontique et à l’explicabilité mentionnées ci-avant. (voir rapport du sous-groupe dédié en annexe 6)
