Avant-propos
Depuis son invention, la photographie a toujours occupé une place prépondérante en astronomie. Cela s’explique en grande
partie parce qu’elle permet de révéler l’invisible : les spirales tourmentées des galaxies, les couleurs délicates des nébuleuses,
pour ne citer que ces deux exemples, échappent la plupart du temps à l’observateur, même à l’oculaire d’un gros télescope.
Grâce à la photographie, une petite lunette suffit le plus souvent à les dévoiler en quelques minutes de pose.
Après plus d’un siècle de bons et loyaux services, le film argentique a cédé la place aux détecteurs électroniques. L’avènement
de l’imagerie numérique a marqué un tournant dans la pratique de la photographie astronomique. Grâce à elle, il est possible
de voir aussitôt après la prise de vue si une photo est bien cadrée, nette et bien exposée. Cela facilite énormément la tâche et
évite de nombreuses déconvenues. Le photographe débutant peut progresser rapidement, le photographe confirmé peut faire
reculer les limites de son télescope.
La technique de la photographie numérique est assez simple. La première partie de cet ouvrage en fait une synthèse. Elle
aborde les questions dans l’ordre où vous vous les poserez certainement si vous débutez : choix du télescope et du détecteur,
préparation de la prise de vue, clés pour réussir une image, puis traitement des images. Dès que l’on commence à maîtriser la
technique, il vient la question des cibles vers lesquelles se tourner. Quelles galaxies, quelles nébuleuses sont les plus photogéniques ? Où se dissimulent-elles ? Comment les photographier ? Quelles sont celles qui sortent des sentiers battus ? Quel
regard nouveau le photographe peut-il porter sur les plus classiques ? Vo ilà quelques questions auxquelles la seconde partie de
ce livre souhaite apporter une réponse, à travers une sélection d’une centaine d’astres.
Il existe à l’heure actuelle de nombreux manuels destinés aux obser vateurs. Les objets décrits sont logiquement les plus intéressantsvisuellement. Le sont-ils également pour le photographe ? Pas nécessairement ! Les brillants amas ouverts par exemple
sont les plus faciles à observer, mais ils offrent parfois un piètre intérêt photographique. À l’inverse, les nébuleuses diffuses qui
étendent leurs draperies ténues sur d’immenses portions de la voûte céleste figurent rarement dans ces mêmes manuels, car leur
observation relève la plupart du temps de l’exploit. Ce sont pourtant des destinations de choix dès que l’on remplace l’œil par
un appareil photographique ou une caméra CCD.Ainsi, il nous a paru intéressant et novateur de dresser une liste d’objets
dédiée au photographe, en mettant en second plan leur aspect visuel, au profit de leur intérêt photographique. Pour chaque
objet, nous avons souhaité donner des conseils utiles et précis, à travers une présentation sous forme de fiches pratiques.
Nous avons regroupé ces astres selon les quatre saisons et, pour chaque saison, selon leur niveau de difficulté. Nous espérons
que le débutant comme l’amateur confirmé y trouvera, chacun à son niveau, chacun avec sa propre inspiration, des idées de
destinations ou de défis à relever, lors de ses séances de prise de vue. Enfin, pour les observateurs comme pour les photographes
curieux de voir à quoi ressemble leur proie à travers un oculaire, l’aspect visuel des astres, y compris les moins communs, est
systématiquement décrit.
Remerciements
Aux nuits de Sologne, où l’on se sent si proche de la nature.
Aux nuits dans les Pyrénées, où l’on se sent si proche du ciel…
Merci tout d’abord à Cécile Rastier et Jean-Baptiste Gugès pour leur enthousiasme vis-à-vis de ce projet. Merci à Lionel Bret
pour sa grande efficacité et son esprit d’initiative lors de la réalisation des cartes.
La liste d’objets proposée dans ce livre n’aurait pu être aussi richement illustrée sans la participation d’astrophotographes
parmi les plus doués du moment. Pour leur talent et leur générosité, un grand merci à :
•É ric Mouquet, qui réalise des images d’une très grande beauté avec un équipement très performant ;
•N icolas Outters, dont l’imagination lui permet de sortir souvent des sentiers battus avec une lunette de « seulement » 140 mm ;
•J ohannes Schedler, photographe autrichien qui, avant d’obtenir des images d’une qualité époustouflante avec une caméra
CCD, a été l’un des premiers utilisateurs d’appareils photo numériques en astronomie ;
•C hris Schur, photographe américain qui explore l’Univers sans relâche à travers un Newton de 300 mm qu’il a construit
lui-même, et qui obtient de superbes résultats sur des cibles souvent méconnues et difficiles ;
•M arc Sylvestre, qui obtient des images exceptionnelles avec un Schmidt-Cassegrain de 280 mm.
Merci d’autre part à toutes les personnes qui m’ont permis de faire grandir cette passion immense pour les étoiles. À ma compagne, qui m’a incité à écrire ce livre et qui en a fait la relecture. À mes parents qui m’ont sans cesse aidé et encouragé. À
André Dauteau et Jean-Marie Bourven, dont la passion a été si communicative. À Serge Brunier, qui m’a permis de publier
mes premiers articles sur la photographie astronomique. À Philippe Henarejos, avec qui je collabore depuis de nombreuses
années pour le magazine Ciel et Espace, et qui, à travers les nombreux sujets envisagés, m’a donné une motivation supplémentaire pour scruter toujours plus attentivement le ciel.
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