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Radioprotection et ingénierie nucléaire
On constate que la finalité des études de protection exige de résoudre deux grandes
classes de problèmes :
– la détermination du terme source de rayonnements qui revêt généralement deux aspects
essentiels :
– la détermination de la nature des radionucléides formés par les divers processus
nucléaires, leur concentrations, leurs masses et leurs activités,
– la détermination de la nature des rayonnements émis, leur caractérisation par une
distribution en espace, une distribution en énergie (spectre) et une distribution en angle
(isotropie ou anisotropie). On est conduit à faire la distinction entre sources de rayonnements instantanés émis lors d’une réaction nucléaire (γ de capture radiative, par
exemple) et sources de rayonnements différés dans le temps, associées à des processus
de désintégrations radioactives et donc obéissant à une loi d’évolution temporelle ;
– le transport ou propagation des rayonnements au point ou zone de calcul, les sources de
rayonnements étant connues. Plusieurs types de configurations sont mises en évidence :
– la propagation des rayonnements dans des milieux homogènes et/ou lamellaires :
ce sont des problèmes à atténuation pure,
– la propagation des rayonnements dans des milieux lacunaires c’est-à-dire comportant des vides : ce sont des problèmes à fuite de rayonnements,
– la propagation des rayonnements dans des milieux hétérogènes ou cas des géométries complexes : ce sont des problèmes qui combinent les phénomènes d’atténuation
et de diffusion des rayonnements.
On peut d’ores et déjà retenir que trois principes fondamentaux permettent de limiter
l’exposition aux rayonnements :
– la distance : la quantité de rayonnements reçue par unité de surface est d’autant plus
réduite que la distance entre la source et le sujet/objet est grande,
– l’écran de matière : l’interposition d’un écran de matière entre la source et le sujet/objet
réduit la quantité de rayonnements reçue par le sujet/objet. Cette réduction dépend de la
nature et de l’épaisseur de l’écran de matière,
– le temps : ce facteur intervient tout particulièrement pour les sources radioactives.
L’émission de rayonnements ou l’énergie dégagée issue de la radioactivité décroît sensiblement au bout d’un temps, qualifié de « temps de refroidissement », suffisamment long.
Il se rapporte également à la limitation de la durée de l’exposition aux rayonnements.
Il convient enfin de mentionner le problème de la détermination de l’incertitude associée
à la valeur d’une grandeur physique calculée : comment les incertitudes notamment sur
les données technologiques, sur les données physiques de base utilisées dans les calculs,
celles dues aux modélisations, se propagent-elles jusqu’à la grandeur d’intérêt calculée ?
En effet, la maîtrise des marges d’incertitude est un enjeu crucial à la fois pour la sûreté et
au plan économique.
Cette deuxième partie de l’ouvrage s’articule ainsi autour de trois axes principaux :
– la détermination des différentes sources de rayonnements rencontrées notamment sur
l’ensemble du cycle du combustible nucléaire,
– la méthodologie générale mise en œuvre dans une étude de protection,
– les méthodes, techniques et logiciels de calcul des grandeurs physiques intéressant la
protection.
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