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LE VERRE
des gaz qui font gonfler les bulles et accélèrent ainsi leur montée. En réalité, les microbulles initiales servent de points de nucléation pour la
décomposition de l’affinant. Quand il n’y a plus de microbulles l’affinage
est terminé et la décomposition de l’affinant s’arrête aussi. Dans le cas
d’un verre sodocalcique, l’affinant est à peu près systématiquement un
sulfate (de sodium ou de calcium). Sa décomposition peut s’écrire :
2 Na 2 SO 4 → 2 Na 2 O + O 2 + 2 SO 2 .
Le gonflage des bulles se fait donc avec un mélange de SO 2 et O 2 , mais il
y a souvent fixation de l’oxygène par les espèces réductrices que peut contenir la fonte.
En outre, le sulfate a un effet accélérateur sur la phase de fusion.
Lorsqu’il est liquide, il est peu miscible au verre fondu. Il se concentre aux
interfaces entre le verre et les particules solides ou entre le verre et les
gaz. Il joue ainsi le rôle d’un agent tensioactif. En favorisant le contact des
grains avec le liquide, il rend plus rapide leur digestion [200].
Le verre élaboré sans précautions a l’aspect de l’eau dans laquelle on
vient de verser un filet de sirop concentré. L’hétérogénéité chimique, visible par le gradient d’indice de réfraction, est de faible amplitude mais
peut, néanmoins, être rédhibitoire pour les produits transparents. Lorsque le verre était élaboré en pot, un procédé d’homogénéisation traditionnel était le « maclage » qui consistait après la fusion à enfoncer à l’aide
d’un tringle de fer un morceau de bois vert saturé d’eau ou une grosse
pomme de terre. La fonte était ainsi brassée par l’agitation de grosses bulles de vapeur d’eau. Lorsqu’on voulait obtenir un verre de qualité optique
on résolvait le problème d’homogénéité par un long brassage du liquide
après l’affinage à l’aide d’un doigt de réfractaire appelé « guinand » du
nom de son inventeur.
Le maclage et le guinandage sont réapparus, adaptés, dans les procédés d’élaboration du verre en continu.
2.3. Le conditionnement thermique
Au début de l’opération de mise en forme, la viscosité du liquide doit être
au moins dix fois plus élevée que pendant l’affinage. Il faut donc obligatoirement abaisser la température du verre. En pratique, on le laisse se
refroidir et, pour éviter les forts gradients de viscosité, on fait en sorte que
ce refroidissement soit très lent. Autrefois on laissait le pot contenant le
verre dans le four que l’on cessait d’alimenter en combustible. Cette
phase de l’élaboration était appelée la « braise », expression qui est restée
synonyme de conditionnement thermique.
LE VERRE
des gaz qui font gonfler les bulles et accélèrent ainsi leur montée. En réalité, les microbulles initiales servent de points de nucléation pour la
décomposition de l’affinant. Quand il n’y a plus de microbulles l’affinage
est terminé et la décomposition de l’affinant s’arrête aussi. Dans le cas
d’un verre sodocalcique, l’affinant est à peu près systématiquement un
sulfate (de sodium ou de calcium). Sa décomposition peut s’écrire :
2 Na 2 SO 4 → 2 Na 2 O + O 2 + 2 SO 2 .
Le gonflage des bulles se fait donc avec un mélange de SO 2 et O 2 , mais il
y a souvent fixation de l’oxygène par les espèces réductrices que peut contenir la fonte.
En outre, le sulfate a un effet accélérateur sur la phase de fusion.
Lorsqu’il est liquide, il est peu miscible au verre fondu. Il se concentre aux
interfaces entre le verre et les particules solides ou entre le verre et les
gaz. Il joue ainsi le rôle d’un agent tensioactif. En favorisant le contact des
grains avec le liquide, il rend plus rapide leur digestion [200].
Le verre élaboré sans précautions a l’aspect de l’eau dans laquelle on
vient de verser un filet de sirop concentré. L’hétérogénéité chimique, visible par le gradient d’indice de réfraction, est de faible amplitude mais
peut, néanmoins, être rédhibitoire pour les produits transparents. Lorsque le verre était élaboré en pot, un procédé d’homogénéisation traditionnel était le « maclage » qui consistait après la fusion à enfoncer à l’aide
d’un tringle de fer un morceau de bois vert saturé d’eau ou une grosse
pomme de terre. La fonte était ainsi brassée par l’agitation de grosses bulles de vapeur d’eau. Lorsqu’on voulait obtenir un verre de qualité optique
on résolvait le problème d’homogénéité par un long brassage du liquide
après l’affinage à l’aide d’un doigt de réfractaire appelé « guinand » du
nom de son inventeur.
Le maclage et le guinandage sont réapparus, adaptés, dans les procédés d’élaboration du verre en continu.
2.3. Le conditionnement thermique
Au début de l’opération de mise en forme, la viscosité du liquide doit être
au moins dix fois plus élevée que pendant l’affinage. Il faut donc obligatoirement abaisser la température du verre. En pratique, on le laisse se
refroidir et, pour éviter les forts gradients de viscosité, on fait en sorte que
ce refroidissement soit très lent. Autrefois on laissait le pot contenant le
verre dans le four que l’on cessait d’alimenter en combustible. Cette
phase de l’élaboration était appelée la « braise », expression qui est restée
synonyme de conditionnement thermique.
