Diagnostic moléculaire des tumeurs solides 53
teur ou empêchent le maintien de sa conformation auto-inhibée. Un essai
de phase II ayant évalué un inhibiteur de ce récepteur, l’imatinib mésylate/
Glivec®, a montré des résultats encourageants. Chez 51 patients avec un mélanome contenant une mutation ou une amplification de KIT, le taux de réponse
T T
globale était de 16 %. La SSP et la SG étaient de 12 semaines et 46,3 semaines
respectivement [50].
Mutations des gènes GNAQ et GNA11
Parmi les mélanomes choroïdiens où les mutations de BRAF et
F NRAS sont
S
absentes, des mutations activatrices ont été retrouvées dans la sous-unité alpha
de deux récepteurs couplés aux protéines G (GNAQ et GNA11). Leur prévalence est respectivement de 40-50 % et 25 %, ces mutations étant mutuellement exclusives. Des données récentes suggèrent une implication thérapeutique
de ces mutations via une sensibilité aux inhibiteurs de MEK.
a
Conclusion
Des progrès majeurs ont été effectués ces dernières années dans la compréhension de la biologie des tumeurs grâce à l’utilisation de techniques innovantes
telles que les puces à ADN et le séquençage haut-débit. Ainsi, de nouvelles
classifications moléculaires tendent à supplanter les anciennes classifications
histologiques. En dehors des tumeurs décrites dans ce chapitre, d’autres types
de cancers ont bénéficié de ces progrès comme le cancer du sein, le carcinome
hépatocellulaire, les cancers du rein, les cancers ORL et les tumeurs stromales
gastro-intestinales. Ces avancées ont permis le développement rapide de thérapeutiques soumises à l’utilisation de tests compagnons et ciblant des molécules
ayant un rôle déterminant dans la survie des cellules tumorales. Certaines de
ces thérapies ciblées ont déjà bouleversé nos pratiques cliniques et ont ouvert
la voie vers une médecine personnalisée.
Cependant, les recherches n’en sont qu’à leur début. L’apparition fréquente de
résistances secondaires a terni les résultats très prometteurs initiaux. La biologie
des tumeurs reste complexe et ne peut se résumer à une altération unique. Une
des pistes pourrait être l’utilisation d’une combinaison de ces thérapies ciblées
définissant de plus en plus un véritable traitement à la carte.
Références
1. Ferlay J, Parkin DM, Steliarova-Foucher E (2010) Estimates of cancer incidence and
mortality in Europe in 2008. Eur J Cancer 46: 765-81
teur ou empêchent le maintien de sa conformation auto-inhibée. Un essai
de phase II ayant évalué un inhibiteur de ce récepteur, l’imatinib mésylate/
Glivec®, a montré des résultats encourageants. Chez 51 patients avec un mélanome contenant une mutation ou une amplification de KIT, le taux de réponse
T T
globale était de 16 %. La SSP et la SG étaient de 12 semaines et 46,3 semaines
respectivement [50].
Mutations des gènes GNAQ et GNA11
Parmi les mélanomes choroïdiens où les mutations de BRAF et
F NRAS sont
S
absentes, des mutations activatrices ont été retrouvées dans la sous-unité alpha
de deux récepteurs couplés aux protéines G (GNAQ et GNA11). Leur prévalence est respectivement de 40-50 % et 25 %, ces mutations étant mutuellement exclusives. Des données récentes suggèrent une implication thérapeutique
de ces mutations via une sensibilité aux inhibiteurs de MEK.
a
Conclusion
Des progrès majeurs ont été effectués ces dernières années dans la compréhension de la biologie des tumeurs grâce à l’utilisation de techniques innovantes
telles que les puces à ADN et le séquençage haut-débit. Ainsi, de nouvelles
classifications moléculaires tendent à supplanter les anciennes classifications
histologiques. En dehors des tumeurs décrites dans ce chapitre, d’autres types
de cancers ont bénéficié de ces progrès comme le cancer du sein, le carcinome
hépatocellulaire, les cancers du rein, les cancers ORL et les tumeurs stromales
gastro-intestinales. Ces avancées ont permis le développement rapide de thérapeutiques soumises à l’utilisation de tests compagnons et ciblant des molécules
ayant un rôle déterminant dans la survie des cellules tumorales. Certaines de
ces thérapies ciblées ont déjà bouleversé nos pratiques cliniques et ont ouvert
la voie vers une médecine personnalisée.
Cependant, les recherches n’en sont qu’à leur début. L’apparition fréquente de
résistances secondaires a terni les résultats très prometteurs initiaux. La biologie
des tumeurs reste complexe et ne peut se résumer à une altération unique. Une
des pistes pourrait être l’utilisation d’une combinaison de ces thérapies ciblées
définissant de plus en plus un véritable traitement à la carte.
Références
1. Ferlay J, Parkin DM, Steliarova-Foucher E (2010) Estimates of cancer incidence and
mortality in Europe in 2008. Eur J Cancer 46: 765-81
