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En 1973, le monde connaît sa première crise
pétrolière. Entre 1970 et 1975, l’US EPA améliore la « Resource and Environmental Profile
Analysis » et développe un processus de suivi
pour conduire des études d’Analyse de Cycle de
Vie des matériaux. Cependant les progrès sont
lents et il faudra attendre le milieu des années
80, voire le début des années 90, pour percevoir un réel engouement pour la démarche
d’ACV.
En 1984, l’Empa, laboratoire fédéral suisse
d’essai et de recherche sur les matériaux,
publie avec le soutien de l’OFEFP (Office Fédéral Suisse de la Forêt, de l’Environnement et
des Paysages) un premier rapport concernant
l’écobilan des matériaux d’emballages. Dans
les années qui suivent, cette réflexion s’étend
à d’autres produits tels que les matériaux de
construction.
En 1992, l’outil d’Analyse de Cycle de Vie est
présenté officiellement pendant le Sommet de
la Terre à Rio.
En 1993, Sustainability Ltd, les associations
SPOLD (Society for the Promotion Of Life cycle
Development) et « Business in the Environment » publient The LCA Sourcebook - a European business guide to Life Cycle Assessment -
inventaire international des concepts, outils,
compétences et bibliographie sur les ACV.
Vers le milieu des années 90, l’Empa développe
le logiciel EcoPro destiné aux spécialistes de la
construction, pour la comparaison des produits
et des technologies de substitution, tandis que
d’autres logiciels généralistes apparaissent :
aux Pays-Bas, SimaTool développé à Leiden par
CML et SimaPro développé par PréConsultancy,
en Suède à Göteborg, LCA-Tool développé par
Chalmers Industriteknik et EcoLab, enfin en
France, la base de données Deam et le logiciel Team développé par la société Ecobilan
grâce au soutien de l’ADEME et du Ministère de
l’Environnement.
Les premières normes internationales traitant
des différentes étapes de méthode d’ACV voient
le jour à la fin des années 90 : ISO 14040, 41,
42, 43, 44 dont seules subsistent aujourd’hui
les normes ISO 14040 et 14044 (les normes
ISO 14041, 42 et 43 ont été regroupées dans
la norme ISO 14040).
À la même époque, la Commission Européenne
finance plusieurs projets sur les ACV et crée
un réseau de compétences européen, LCAN,
tandis que la SETAC (Society for Environmental
Toxicology & Chemistry) organise des congrès
internationaux annuels sur les ACV, et que
Walter Klöpffer publie en Allemagne The International Journal of LCA (diffusé par Springer),
la première revue internationale qui reste
aujourd’hui la revue de référence sur les ACV.
En 1996, l’École Polytechnique Fédérale de
Zürich (EPFZ) élabore une base de données
d’inventaires de cycle de vie sur les systèmes
énergétiques suisses et européens qui, bien
que documentée en allemand, devient rapidement une référence internationale. En 1998,
après la dispersion de l’équipe qui a réalisé
ce travail remarquable, un de ses membres,
Rolf Frischknecht, prend la tête du « Centre
suisse pour les inventaires de cycle de vie
écologiques », en abrégé Centre Ecoinvent,
qu’il dirigera pendant 10 ans avant de passer
la main en 2008 à Bo Weidema. Ce centre, une
initiative commune de l’EPFZ, de l’EPFL (Lausanne), de l’Empa, de l’Institut Paul Scherrer et
de l’Agroscope Tänikon-Reckenholz, met à jour
et diffuse une version actualisée et complétée
de la base de données initiale de l’ETHZ . Une
version 2, remise à jour et enrichie, voit le jour
entre 2005 et 2008. Aujourd’hui, cette base de
données offre 4000 fichiers de données à plus
de 1200 clients de plus de 40 pays.
La thématique d’Analyse de Cycle de Vie et
l’intérêt porté sur la part de l’énergie dans
le processus de fabrication restent des sujets
« jeunes » dont l’exploration ne fait que commencer…
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