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Préface
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Quand l’Afrique s’illuminera….
Par Jean-Louis Borloo
…les Africains auront l’accès à l’eau, à la santé, à l’éducation, à l’emploi, à la sécurité, à
l’amélioration des conditions de vie car l’énergie est le facteur fondamental et préalable à toute
croissance économique, sociale et à tout équilibre territorial.
D’ici 30 ans, l’Afrique comptera 1 milliard de nouveaux habitants, ce boom démographique sans
précédent dans l’histoire de l’humanité s’avère être une formidable chance mais également un incroyable défi.
Une formidable chance parce que la population africaine est aujourd’hui, et sera demain, la plus jeune
du monde, 50 % des africains ont moins de 25 ans. Cette jeunesse, dont le niveau d’éducation a
considérablement progressé, qui est née avec Internet, la télévision, les téléphones mobiles représente un
véritable atout et donc l’avenir du continent.
Un incroyable défi, parce qu’il va falloir nourrir, former, loger, employer et guérir ces nouveaux
habitants qui inéluctablement sont attirés vers les lumières des grandes villes africaines et de l’Europe.
Ces flux migratoires importants sont des facteurs de déstabilisation pour le continent mais aussi pour
le reste du monde. En Afrique, l’exode rural crée des chaudrons urbains, dans des villes qui ne disposent pas
toujours des infrastructures nécessaires à l’accueil de ces nouvelles populations. En Europe, nous assistons à
un phénomène d’immigration massive aux conséquences souvent dramatiques.
Pour faire face à ces enjeux, l’accès à l’énergie est l’absolue priorité.
à ce jour, les deux tiers de la population du continent soit 650 millions d’Africaines et d’Africains n’ont
pas accès à l’électricité. L’énergie est le préalable à tout développement, la ressource indispensable à la vie, à
la lutte contre l’obscurité et donc contre l’obscurantisme.
L’électrification du continent n’est ni impossible, ni inexistante mais au contraire nécessaire, vitale et
surtout réalisable d’ici 2025. En effet, on estime à ce jour que si l’ ensemble des projets et avant-projets existants
étaient mis en œuvre, l’Afrique pourrait être électrifiée à 80 % d’ici dix ans. Ces projets sont connus et identifiés
mais la plupart d’entre eux connaissent un problème de soutenabilité financière et de bancabilité.
Les initiatives sont nombreuses mais éparses et les critères d’accès aux financements internationaux
publics et privés demeurent multiples et complexes. C’ est la raison pour laquelle la création d’une Agence, à
objet unique, dédiée à l’ électrification de l’Afrique, dirigée par les Africains et pour les Africains, est indispensable.
Dotée d’ une subvention de cinq milliards de dollars par an et d’ une ingénierie publique de haut niveau, elle
serait un outil de fédération des partenaires et bailleurs de fonds au service des Etats et des projets ainsi qu’ un véritable
vecteur de mobilisation de l’ensemble des capacités de financement privé, public, classique ou concessionnel.
Ce chaînon manquant est le seul outil capable de sécuriser les financements, d’assurer la soutenabilité
des projets et donc leur faisabilité.
La création de cette Agence nécessite évidemment un consensus, c’est pourquoi, j’ai été à la rencontre
de 41 chefs d’Etat et de gouvernement africains qui ont tous soutenu le projet et souligné la véritable urgence
de sa mise en œuvre.
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