Ces pénuries sont dues à l’insuffisance des capacités de production. Eskom avait dès la fin de
l’apartheid (1994) tenté d’anticiper l’augmentation de la demande mais l’air du temps étant – en 1994 – aux
privatisations, il avait été suggéré aux dirigeants d’Eskom d’attendre la privatisation avant d’investir. La
privatisation n’a pas eu lieu. Il faut également souligner les retards considérables dans la construction de deux
unités de près de 5 000 MW chacune qui auraient dû être en production depuis plusieurs années.
Eskom tente aujourd’hui d’accroître ses capacités de production. Des centrales au charbon mises sous
cocon ont été réhabilitées. Pretoria souhaiterait d’autre part augmenter sa production nucléaire totale à 9,6 GW
d’ici 2030. Enfin le développement des renouvelables est également à l’ordre du jour.
n Orientations possibles :
n réexaminer en profondeur les besoins en électricité de la région et en particulier de l’Afrique du Sud ;
n étudier les meilleures options pour faire face à l’accroissement de la demande d’électricité (nouvelles
centrales au charbon, nouvelles centrales nucléaires, importations à partir d’Inga) ;
n favoriser la recherche sur le captage et le stockage du C0 2 , technique sans laquelle il est difficile
d’envisager le développement de la production à partir de charbon.
1.4.5.3 Énergies renouvelables
L’Afrique du Sud a débuté la construction d’un certain nombre de fermes photovoltaïques afin de
répondre à son objectif de 18 GW de capacités installées en énergies renouvelables. Par ailleurs, l’entreprise
sud-africaine Stellenbosch Biomass Technologies travaille actuellement à l’adaptation de la technologie de
production de l’éthanol cellulosique aux végétaux de la région.
1.5 La situation par énergies
Malgré la diversification des sources d’énergie, les énergies fossiles – pétrole, charbon et gaz naturel
– continueront de subvenir à l’essentiel des besoins mondiaux d’énergie bien que leur part soit appelée à
décroître au profit des renouvelables (action des gouvernements, baisse des coûts de production, taxes
carbone, etc...). Cependant le réveil industriel de l’Afrique risque de passer comme en Chine et en Inde par une
consommation massive d’énergies fossiles et pourrait repousser le passage aux renouvelables.
1.5.1 Le pétrole
Le pétrole représente 32 % de la consommation mondiale d’énergie. En Afrique, il représente plus de
40 % de la consommation. Un « succès » mondial qui s’explique par les caractéristiques même du pétrole :
une haute concentration en énergie, une grande facilité d’utilisation. Face à des consommations d’énergie
réduites, l’utilisation du gaz et du charbon nécessiteraient des investissements en infrastructures trop coûteux
compte tenu de la taille des installations. Dans une étude récente, la société Citac estime à 60 % l’augmentation
de la consommation africaine de pétrole d’ici 2025. En 2013, la demande de produits pétroliers en Afrique
subsaharienne a augmenté de 5,1 %.
1.5.1.1 Les réserves de pétrole et la gestion de la rente extractive
Les réserves prouvées de pétrole aujourd’hui dans le monde sont équivalentes à plus de 50 années
de consommation actuelle
58 . Ces réserves ont connu une forte augmentation depuis la prise en compte des
réserves de pétroles non conventionnels (essentiellement pétrole extra lourd du Venezuela, sables asphaltiques du
Canada – les «gisements» de ces pétroles sont connus de longue date mais leur exploitation « dans les conditions
techniques et économiques actuelles », conditions nécessaires pour en faire des réserves prouvées, n’ est possible
que depuis quelques années). Au total, pétrole extra lourd du Venezuela et sables asphaltiques du Canada représentent
environ 20 % des réserves mondiales. Les chiffres de réserves de « pétrole de schistes » sont mal connus.
58 Calcul réalisé à partir des données de BP Statistical Review 2014 selon : réserves prouvées en barils ÷ (production journalière en barils x 365) soit 1 687 900 000 ÷ (86 808 x 365) = 53,27 années.
adea
L’Énergie en Afrique à l’horizon 2050
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