139
Effets de l’exercice physique et de l’entraînement sur la neurochimie cérébrale :
effets sur la performance et la santé mentale
1
L’exercice physique :
quels effets
sur la santé ?
1.1. Les effets positifs
Aujourd’hui, c’est un fait
avéré, on sait que l’activité
physique conduit à des modifi cations biochimiques : l’activité musculaire infl ue sur
la neurochimie cérébrale
et probablement, en conséquence, sur le comportement.
En effet, de larges études
épidémiologiques montrent
que lorsque les gens sont
actifs tout au long de leur
vie, leur état mental s’améliore sur tous les plans. On
sait aussi que certains traits
de comportement sont plus
sensibles que d’autres. Une
des relations les mieux
établies est le fait qu’une activité physique régulière diminue
l’état d’anxiété : elle a une
action sur les états dépressifs, les névroses. En somme,
quand on pratique une activité physique régulière, on se
sent mieux (Encart : « Effets
de l’exercice physique sur
les comportements »). Cette
sensation de bien-être correspond d’ailleurs à la défi nition
du terme « santé » par l’Organisation mondiale de la
santé (OMS)
28 . Notre première
hypothèse sera donc : l’activité
28. D’après le préambule de 1946
à la Constitution de l’Organisation
mondiale de la santé (OMS)
(signée le 22 juillet 1946 par les
représentants de 61 États lors de
la conférence internationale sur
la santé à New York) : « La santé
est un état de complet bien-être
physique, mental et social, et ne
consiste pas seulement en une
absence de maladie ou d’infi rmité ».
Cette défi nition n’a pas été
modifi ée depuis cette date.
physique et les modifi cations
biochimiques qu’elle entraîne
agissent sur les comportements. Mais comment ?
1.2. Les effets négatifs
On sait aussi depuis les
années 1980 qu’a contrario,
l’excès d’activité physique peut
produire des effets tout à fait
négatifs sur les comportements. On a ainsi observé que
l’effet de l’activité physique
sur la santé mentale peut être
décrit par une courbe en U
inversé, positif d’abord, négatif
ensuite. S’il pousse trop loin
ses efforts, le sujet souffrira
du syndrome de surentraînement. D’une expression
complexe, sa défi nition repose
sur un point essentiel, une
dégradation des performances
physiques malgré la poursuite
de l’entraînement, associée à
une dégradation de la santé
mentale. Ces effets négatifs, exactement inverses des
effets positifs, apparaissent
à partir d’un certain seuil :
EFFETS DE L’EXERCICE
PHYSIQUE SUR
LES COMPORTEMENTS
Une étude longitudinale
portant sur
19 288 personnes âgées
de 10 à plus de 60 ans,
suivies par questionnaire
de 1991 à 2002, montre
que ceux qui pratiquent
régulièrement des
activités physiques avec
une certaine intensité
sont moins anxieux,
moins névrosés, plus
extravertis, plus à la
recherche de sensations
et plus impulsifs que les
non sportifs [1].
Précédent

- 140/260

Suivant