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La chimie et le sport
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La technologie
ne remplace pas
le mental du sportif
Finalement, la technologie
fait-elle toute la différence ?
Comme nous l’évoquions
précédemment, elle peut
aider
psychologiquement
l’athlète qui se sait bien
équipé, au même niveau que
ceux à qui il va se confronter
(paragraphe 2.2.1) et ne
se sent donc pas en situation d’infériorité. À partir du
moment où la confi ance, en
soi et en son équipement, est
au rendez-vous, elle peut faire
la différence. Mais la différence est surtout ailleurs :
c’est celui dont la volonté est
la plus forte, qui sait le mieux
doser son effort et dominer sa
fatigue, contrôler son geste
technique jusqu’à la fi n de
l’épreuve ; c’est celui dont le
cerveau saura exiger de ses
bras et ses jambes d’obéir
le plus longtemps possible,
sans faille ; c’est celui qui
saura sortir le maximum de
ses capacités le jour J, à l’instant t, qui fi nalement gagnera.
Ainsi, pour les athlètes qui
ne disposeraient pas de la
dernière technologie contrairement à leurs adversaires,
peut-être n’y a-t-il pas vraiment lieu d’être perturbé,
peut-être seront-ils capables
de se sublimer et vaincre
malgré toutes les innovations.
Le nageur américain Michael
Phelps (Figure 10) nous en
donne l’exemple : sur le
cent mètres papillon, lors
du championnat du Monde
à Rome en 2009, il a réalisé
un formidable parcours en
bermuda, contre des concurrents portant des combinaisons ! Son expression à
l’arrivée montrait toute la
rage de vaincre d’un athlète,
qu’on peut qualifi er de champion d’exception. C’est peutêtre là aussi que l’exception
va le mieux aux champions,
celui qui a été capable non
seulement de se sublimer
mais d’arriver à compenser
un handicap technologique
indéniable, puisque tout le
monde le reconnaissait et que
la preuve en était faite, chronomètre en main.
La haute compétition exige
de ses athlètes une véritable
abnégation.
Indépendamment de la question du temps
à accorder à l’entraînement,
car s’investir cinq à six heures
par jour n’est pas à la portée
de tout un chacun ! Ceux qui
ont une compétition tous les
dimanches, comme dans le
football ou le rugby, ont la
récompense du plaisir régulièrement renouvelé, car la
compétition est d’abord un
plaisir. Mais ceux qui ont des
compétitions trois, quatre
ou cinq fois seulement dans
l’année, ceux dont l’objectif
est annuel, voire tous les
quatre ans, comment les
qualifi er ? Comment décrire
leur passion ? Ne sont-ils
pas des exemples pour les
plus jeunes, pour ceux qui
pratiquent le sport pour se
maintenir en bonne santé, en
bonne forme ? Pourquoi systématiquement les affaiblir en
mettant en doute leur probité ?
Le dopage (voir les Chapitres
de M.-F. Grenier-Lousthalot
et J.-L. Veuthey) reste dans la
majorité des disciplines sportives une exception, même si
parfois il y eût un véritable
« dopage d’état », jusque dans
l’aviron ou la gymnastique par
exemple.
Figure 10
Michael Phelps sur la partie en
brasse d’un 400 mètres, 4 nages,
aux Jeux olympiques de Pékin en
2008.
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