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La chimie et le sport
Le « dopage technologique »,
peut, à l’instar du dopage
chimique (voir les Chapitres
de M.-F. Grenier-Loustalot et
de J.-L. Veuthey), devenir un
fl éau, quand en associant à la
haute performance à toutes
sortes de forme de dopage, on
fi nira par douter de la valeur
de la performance de tous et
de chacun.
S’assurer que la technologie
ne prend pas le pas sur la
performance de l’athlète,
c’est aussi lui assurer l’accès
à ce qu’il recherche à travers
la compétition, à savoir se
réaliser, emmagasiner un
certain nombre d’émotions,
se construire à travers sa
capacité à se prouver qu’il a
été capable de se dépasser,
en toute loyauté, et qu’il a pu
gagner par son propre travail,
par son propre talent. Ce qui
est bien plus valorisant que
de gagner du fait d’un matériel meilleur que celui de son
adversaire.
3.2. Quand on risque
de dénaturer un sport
Peut-on en arriver à dénaturer une discipline sportive
du fait d’un apport technologique ? Le cas des combinaisons en polyuréthane,
introduites en natation en
2008, soulève depuis peu ce
problème (Figure 8). Fabien
Gilot, un des membres du
relais 4 x 100 de l’équipe de
France lors des championnats
du monde de natation à Rome
en 2008, confi ait : « Je suis
quelqu’un de plutôt longiligne,
pas forcément avec de grandes
épaules et ni de gros bras.
Avant, j’arrivais à glisser dans
l’eau ; maintenant, la combinaison me porte. Le paramètre
puissance a pris le dessus sur
micromètres de diamètre),
agglomérées dans des cristaux microscopiques alignés
le long de la fi bre, contribuant ainsi à cette résistance
exceptionnelle. Et pourquoi ne
pas envisager d’ajouter des
portants en titane, un matériau non seulement résistant
mais léger, ou toute autre
technologie de plus haut coût ?
Jusqu’où est-on prêt à aller
pour battre des records ? Doiton, par exemple, chercher à
abaisser à 60 kilos le poids
d’un bateau pour huit rameurs,
alors que la limite imposée par
le règlement est de 80 kilos ?
Cela impliquerait le développement d’une recherche pour
assurer le lien entre la légèreté et la nécessaire rigidité
du bateau, entraînant un coût
exceptionnel. Et surtout, cela
se traduirait obligatoirement
par un handicap pour le développement et l’universalité
de la discipline. C’est ce qu’a
défendu la FISA pour préserver
l’équité dans l’aviron. Il s’agit
d’une valeur fondamentale,
applicable à toutes disciplines
sportives, afi n d’en assurer un
développement pérenne.
Figure 8
Lors des Jeux olympiques de
Pékin en 2008, le nageur français
Alain Bernard (ici à l’arrivée du
100 mètres nage libre où il bat
le record du monde) avait utilisé
une combinaison en polyuréthane.
C’est dans les années 1990 qu’ont
été introduites les premières
combinaisons, remplaçant
progressivement les maillots
de bain. L’idée est de reproduire
les caractéristiques de la peau
d’animaux aquatiques tels que le
requin.
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