le tableau ci-dessus). Dans la grande majorité des cas,
il s’agit de molécules organiques consommables. Pour
cette raison, ils ont mauvaise presse, car leur surexploitation pourrait mener à des famines dans certains coins
de la planète. Il ne faudrait pas affamer les pauvres pour
transporter les riches !
Il est à noter que la puissance énergétique des huiles
est supérieure à celle des sucres. À cet effet, des recherches ont été menées sur un arbuste non comestible,
originaire du Brésil et traditionnellement utilisé à des
?ns médicinales, le Jatropha curcas (également appelé
« pignon d’Inde » ou « médicinier »). Cet arbuste résistant, capable de survivre dans des sols pauvres et secs,
produit 47,25 % (p/p) d’huile dans les noyaux de ses
fruits
9 . Un hectare de cet arbuste peut produire environ 2,5 tonnes de noyaux. L’huile de jatropha représente
72 % d’acides gras insaturés, principalement oléiques
et linoléiques. Cette huile possède un potentiel réel en
tant que biocarburant. En 2008, un des moteurs d’un
Boeing 747 d’Air New Zealand a pu effectuer un vol test
avec succès
10 . L’huile de jatropha porte le surnom « d’or
vert du désert ».
Les produits dérivés de l’huile ont aussi d’autres
applications comme engrais et comme produits de base
pour la formation de savons et de cosmétiques. Toutefois, l’utilisation de cette huile ne peut être d’ordre alimentaire, car ses noyaux contiennent
de la curcine, de l’acide cyanique
et des esters de phorbol, lesquels sont
des composés chimiques toxiques.
Les biocarburants de seconde
génération exploitent la cellulose,
l’hémicellulose ou la lignine, des
polysaccharides présents dans toutes
les cellules végétales. Par conséquent,
il devient possible de tirer pro?t de n’importe quelle
espèce végétale (ou les restes d’une plante, après en
avoir retiré les organes de réserve pour se nourrir) dans
un objectif de production d’énergie. Les espèces végétales
peuvent être d’origine très variée : résidus forestiers,
résidus agricoles (paille, noyaux des fruits), résidus
alimentaires et de l’industrie du papier, algues, boues
d’épuration, fractions biodégradables de déchets municipaux solides, etc.
Le développement de nouvelles technologies permettant de produire ces carburants à grande échelle
progresse distinctement selon la matière première
utilisée. Les technologies sont basées sur des processus thermochimiques (combustion, pyrolyse et gazéi?cation), biochimiques ou biologiques (digestion,
fermentation). À ce jour, leur exploitation demeure
néanmoins plus dispendieuse que l’utilisation de
combustibles fossiles. Toutefois, de nombreux projets
de bioraf?neries voient le jour. Par exemple, le projet
européen BIOCORE
11 , instauré par l’Institut national
de la recherche agronomique (INRA), vise à créer des
biocarburants de deuxième génération.
Depuis 2010, au Canada, le Règlement sur les carburants
renouvelables ?xe à au moins 5 % la teneur obligatoire en
carburant renouvelable (tel que l’éthanol) dans l’essence.
De plus, depuis juillet 2011, le diesel et le mazout de chauffage doivent posséder une teneur d’au
moins 2 % de carburant renouvelable
12 .
En accord avec les objectifs du Protocole de Kyoto
13
, la production mondiale
de biocarburants, principa lement le bioéthanol et le bio diesel, devrait connaître
une croissance im por tante d’ici 2020. Les
voitures qui fonctionnent avec nos restes
de tables ne sont peut-être pas si loin…
Principaux biocarburants de première génération
Bioéthanol
(CH 3 CH 2 OH)
• Production principalement basée sur la fermentation du sucre contenu dans la canne à sucre,
le blé, le maïs, la betterave, la mélasse, etc. (suivie de la distillation de l’éthanol).
• Le bioéthanol peut être mélangé avec l’essence.
Biodiesel
(acides gras estéri?és)
• Produit obtenu à partir de la transestéri?cation des huiles végétales (p. ex. : huiles de colza, de
tournesol, de soja, de palme, de jatropha, recyclage d’huile de friture, etc.) ou des graisses animales.
• Les biodiesels peuvent être mélangés avec l’essence ou être utilisés purs dans les moteurs
conventionnels.
Biométhane
(CH 4 : biogaz)
• Produit obtenu généralement à partir de la digestion anaérobie de composés organiques
humides par des bactéries.
• Le biométhane est utilisé principalement pour le chauffage.
2-éthoxy-2-méthylpropane
(ETBE)
• Produit obtenu à partir de bioéthanol.
• L’ETBE se mélange avec le pétrole pour accroître l’indice d’octane des essences.
Huile végétale hydrogénée
• Biocarburant de haute qualité obtenu grâce à l’hydrogénation des huiles végétales.
• La production en Europe s’effectue maintenant à l’échelle commerciale.
Noix de Jatropha curcas
6.4 Réactions des alcanes
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