80 Angiospermes
clysme marquant la fin du secondaire, il y a 66 millions d’années. Il semble
que, très tôt, des Plantes à ovaires aient eu des génomes évolués, de structure
voisine, comprenant 15 000 à 20 000 gènes. C’est sur ces génomes proches et
facilement polyploïdisés (une particularité fréquente des végétaux) que les
diverses conditions externes, la co-évolution avec les insectes… ont conduit à
une diversification rapide – une véritable explosion – se traduisant par la
grande varieté des appareils végétatifs et reproducteurs.
À l’inverse, les formes primitives, peu nombreuses, qui ont assuré la différenciation et la complexification des génomes ne seraient pas parvenues jusqu’à
nous. Aussi l’origine de la fleur (fig. 81 : l’hypothèse bennetitienne) est encore
très discutée. Elle reste comme l’a écrit Darwin « un horrible mystère ».
Laissant l’étude des grandes divisions des plantes terrestres, nous allons maintenant nous attacher à celle des plantes à ovaires, famille par famille. Cette
étude sera donc faite à un autre niveau que celui où nous nous sommes
jusqu’alors placés et nous ferons appel à des caractères d’importance plus
faible. Nous utiliserons certains critères
1 :
1. Les concrescences d’organes indiquent généralement un degré d’évolution
supérieure :
Ainsi les plantes à pétales soudés, ou gamopétales (du grec gamos, unir) ont
été précédées par des plantes à pétales libres ou dialypétales (de dialy, je
sépare) : les plantes à carpelles soudés (syn- ou gamocarpellés) par des plantes
à carpelles libres (apo- ou dialycarpellés). De même le réceptacle floral (que
l’on peut définir comme la région, où s’insèrent les différentes pièces florales :
sépales, pétales, étamines, carpelles) tend à se creuser en une coupe, puis,
dans un second temps, à se souder à l’ovaire qui devient infère (fig. 52).
2. Chez les plantes peu évoluées, l’albumen, destiné à nourrir la jeune plantule
lors de la germination, entoure l’embryon. Chez les plantes « modernes », il
1. En cladistique, les caractères communs évolués, plus ou moins spécialisés, sont dits apomorphess (de apo, loin de), les caractères communs primitifs sont dits plésiomorphes (de plêsios,
proche : les caractères sont proches de ceux de l’ancêtre donc archaïques).
Ovaire supère
Ovaire infère
Fig. 52. Ovaire supère, ovaire infère (de gauche à droite), les étamines sont dites
hypogynes (situées au-dessous du gynécée), périgynes (situées sur le pourtour),
épigynes (situées au-dessus). Dans les descriptions, lorsque l’on parle d’ovaire,
sans précision, ce dernier est supère. Le fruit, dans le cas d’un ovaire infère,
résulte à la fois de la transformation des carpelles et de celle du réceptacle
floral, qui, dans ce cas, leur est intimement soudé.
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