20 Bryophytes
Chez les Mousses proprement dites (15 200 espèces) et les Sphaignes
(150 espèces) la plante prend l’aspect d’une tige feuillée. C’est une apparence, tige et feuilles ne sont pas comparables à celles des autres végétaux
terrestres.
La « tige » est un simple cordon revêtu d’un épiderme faiblement cutinisé. Des
cellules allongées, les hydroïdes spécialisées dans le transport de l’eau et les
leptoïdes dans celui des molécules issues de la photosynthèse, apparaissent
seulement chez certaines Mousses tropicales et les Sphaignes.
Les « feuilles » sont de simples émergences de la tige constituées d’une seule
assise de cellules chlorophylliennes, excepté dans la région médiane ou deux
ou trois épaisseurs de cellules simulent une nervure. « Tige » et « feuille » sont
dépourvues de stomates. Des anthocyanes assurent une protection contre les
U.V., mais leur variété structurale est encore faible.
Petite taille et faible différenciation sont liées. Chez ces plantes où il n’y a ni
racines permettant d’aller chercher en profondeur l’eau et les sels minéraux, ni
stomates assurant par transpiration un mouvement des liquides, seule la capillarité intervient. Cette dernière ne peut avoir lieu que sur quelques centimètres
et en présence d’un film liquide baignant au moins les parties inférieures de la
plante. Les Mousses seront ainsi de petite taille et localisées aux lieux
humides et cela d’autant plus que leur reproduction par anthérozoïdes ciliés
dépend de l’eau.
En revanche, le sporogone (fig. 4 et 6), organe à 2n chromosomes, présente un
épiderme muni de stomates et, au niveau de la soie, une ébauche de tissu
conducteur.
Les Hépatiques (9 600 espèces) ont, pour deux tiers d’entre elles, un aspect
feuillé, comme les mousses; les autres se limitent à une lame foliacée ou thalle
qui présente souvent des lobes comme un foie, d’où leur nom (fig. 7 du
Marchantia). Il n’y a pas de stomates, ni sur le sporogone, ni sur le thalle, bien
que des pores permettent les échanges gazeux chez plusieurs espèces. Un
marqueur chimique, l’acide lunatique, caractérise le groupe.
Fig. 7. Fragment d’un « thalle » femelle de
Marchantia portant trois « chapeaux », dont
l’un est à maturité et les autres incomplètement développés (les « chapeaux » des pieds
mâles ont une forme légèrement différente,
plus simple). Les sporophytes, encore plus
réduits que chez les mousses se cachent sous
les « baleines du parapluie ». Chez les Hépatiques, les spores sont entremêlées de filaments
stériles ou élatères (du grec, elatêr : qui
disperse) : ce sont des cellules mortes pourvues d’épaississements en spirale et capables
de brusques mouvements de détente qui
assurent la dissémination des spores.
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