Déterminisme de la flore 269
Relevé floristique dans une association, le Carici albae fagetum lingonense de la
Sous-alliance du Cephalanthero-fagion (Alliance du Fagion) (Extrait de J.C. Rameau, Ann Scient Univ, Besançon, 1973).
Il s’agit d’une hêtraie calcicole. La Laîche blanche (Carex alba Scop.) et le Hêtre
(Fagus sylvatica L.) ont donné leurs noms à cette association que l’on trouve
typiquement sur le plateau de Langres et dans le Chatillonais, pays qu’occupait
le peuple des Lingons, d’où le qualificatif de lingonense.
On appelle espèces caractéristiques d’une association celles qui ne se trouvent
que dans un groupement, avec une fréquence très élevée; et dans un ou
plusieurs autres groupements avec une fréquence faible.
Les espèces qui, sans être caractéristiques, accompagnent presque toujours un
type donné d’association sont dites compagnes.
Dans la zone de relevé, on tient compte, pour chaque espèce, – de la surface du
sol recouverte (« abondance-dominance »), – de son mode de dispersion
(« sociabilité »). Des coefficients sont affectés à chacun de ces états et permettent leur expression chiffrée; le premier chiffre correspond à l’abondancedominance, le second à la sociabilité.
Abondance dominance :
5. – plantes recouvrant plus de 75 % de la surface (espèce dominante);
4. – plantes couvrant de 50 à 75 % de la surface;
3. – plantes couvrant de 25 à 50 % de la surface;
2. – plantes couvrant moins de 25 % de la surface, mais en peuplement encore
dense tout au moins par endroits;
1. – surface recouverte faible, mais plantes en quantité abondante;
+ (ou 0,50). – plantes disséminées.
Sociabilité :
5. – peuplement serré et continu;
4. – en larges touffes;
3. – en touffes moyennes;
2. – en petites touffes (quelques tiges confluentes);
1. – plantes isolées.
Par exemple 2.3, se rapporte à une espèce couvrant moins de 25 % du sol et se
présentant en touffes moyennes.
La constance (statistique) de la composition floristique traduit, dans chaque
cas, un équilibre très précis entre les facteurs externes et les facteurs biologiques et internes, ici prédominants. C’est que chaque plante, pour s’adapter à
son environnement, en intègre tous les facteurs : sinon, elle disparaît. La
composition du peuplement végétal d’une station n’est ainsi pas le fait du
hasard : certaines au moins des espèces que l’on y rencontre sont des indicatrices des conditions variées qui caractérisent la station. Par exemple, le Chêne
pubescent se trouve sur calcaire et le Châtaignier sur sol siliceux; l’Hellébore
fétide se rencontre dans le sous-bois du premier tandis que la Germandrée des
bois habite celui du second.
— La comparaison des diverses associations conduit à les classer en système
hiérarchisé comparable à la classification taxinomique. Les Associations sont
groupées en Alliances, elles-mêmes réunies en Ordres puis en Classes.
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