Musacées 119
Nous avons donc bien une convergence. La morphologie comparée de ces
deux familles vient de nous le montrer. Des caractères encore plus fins comme
le mode de formation des grains de pollen (successif chez les Poacées, simultané chez les Cypéracées), ou celui de l’embryon (différent dans les deux cas)
le montre également.
Les Cypéracées sont des plantes des lieux humides; leurs feuilles, riches en
silice, sont coupantes et ne peuvent être consommées par le bétail; leurs fruits,
bien qu’amylacés, sont trop petits pour servir de nourriture à l’homme : seuls
les oiseaux les consomment.
Ainsi les Cypéracées n’ont pratiquement aucun intérêt économique (la Laîche
des sables – Carex arenaria – sert à fixer les sols sablonneux; la tige du
Cyperus papyrus servait à fabriquer le papier (d’où le nom) qu’utilisaient,
dans l’Antiquité, Égyptiens, Grecs et Romains.
*
Les Joncs (Joncacées) et les Massettes (Typhacées) sont proches des Cypéracées ainsi
que l’indiquent les caractères embryogéniques.
Les Broméliacées (Poales), avec 2 000 espèces originaires de l’Amérique tropicale,
sont généralement épiphytes mais quelques espèces sont terrestres comme l’Ananas,
dont la pharmacie utilise les tiges dans les régimes amaigrissants ; son fruit est en fait
une infrutescence : il correspond aux baies de l’inflorescence soudées entre elles, à
leurs bractées et à l’axe central.
Dans l’ordre des Commélinales, citons – les Commélinacées, famille tropicale
d’environ 600 espèces dont certaines sont cultivées comme plantes d’ornement
(Tradescantia ou « Misère »), – les Pontédériacées, également tropicales (une trentaine
d’espèces aquatiques dont l’envahissante Jacinthe d’eau).
MUSACÉES (ZINGIBÉRALES)
Musacées et familles affines comprennent près de 2 000 espèces tropicales. Ce
sont des herbes géantes d’aspect arborescent. Les feuilles, de grande taille, ont
acquis une nervation élaborée de type parallélinopennée, les courses des faisceaux étant regroupées au niveau d’une pseudonervure centrale (fig. 80).
Les fleurs, les plus évoluées des Monocots avec celles des Orchidacées, sont
zygomorphes, à ovaire infère pluriloculaire; voyantes et de grandes tailles,
leur pollinisation est souvent assurée par de petits vertébrés (chauves-souris,
oiseaux); une ou plusieurs des étamines peuvent être transformées en
staminode(s).
Les Bananiers (Musacées), fig. 80, sont cultivés dans les régions tropicales.
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Les Canna ou Balisiers (Cannacées), les Strelitzia ou Oiseaux de paradis (Strélitziacées) sont des espèces ornementales souvent plantées dans les parcs et jardins. Chez ces
dernières, les deux tépales internes soudés en forme de flèche miment un oiseau (appareil d’affichage pour l’ornithogamie).
Le Gingembre (Zingibéracées) est un condiment apprécié des Orientaux ; il entre dans
la composition de « l’indian tonic ». D’autres Zingibéracées, comme le Curcuma,
servent à composer des currys.
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