Avant-propos : le biomarqueur idéal
existe-t-il ?
Depuis une dizaine d’années, la cancérologie vit une évolution sans
précédent avec la mise en place de biomarqueurs de diagnostic moléculaire
permettant d’individualiser les traitements des patients atteints de cancer.
La personnalisation thérapeutique occupe une place particulière en cancérologie et il est important de rappeler que chez un patient atteint de
cancer, la réponse à un traitement médicamenteux peut dépendre à la
fois des ses caractéristiques génétiques constitutionnelles, mais également
des caractéristiques génétiques de sa tumeur. Prendre en considération
ces deux aspects doit permettre d’optimiser la personnalisation thérapeutique en assurant une efficacité optimale et une toxicité contrôlée.
L’utilisation de biomarqueurs constitue une réelle innovation diagnostique. Elle a deux conséquences majeures  : elle permet tout d’abord
d’améliorer les taux de réponse aux traitements et la survie des patients
en assurant une meilleur rapport efficacité/toxicité. La seconde conséquence est de contribuer à une meilleure maîtrise des dépenses de santé
en évitant la prescription de médicaments dont l’absence d’efficacité
peut être prédite. Cette innovation diagnostique a nécessité la mise en
place et le déploiement de structures spécialisées réunissant l’anatomie
et la cytologie pathologique, disciplines historiques impliquées dans le
diagnostic des cancers, et la biologie moléculaire. Cette nouvelle activité est assurée par un réseau de plateformes hospitalières régionales,
labellisées par l’Institut National du Cancer, garantissant l’accès de l’ensemble de la population française à ces actes diagnostiques spécialisés.
La mise en œuvre des plateformes de génétique moléculaire des cancers
a été un point important du 1 er plan Cancer dès 2003. Leur mise en
activité a été effective et soutenue par le 2 e plan Cancer et l’efficience
du réseau mis en place a été soulignée comme un grand succès au niveau
international. L’annonce récente du 3 e plan Cancer insiste sur l’égalité
d’accès aux innovations thérapeutiques et diagnostiques pour l’ensemble
de notre population. Les biomarqueurs y trouvent une place centrale.
Devant le développement croissant de thérapies nécessitant un diagnostic
moléculaire, ces plateformes doivent faire face à une activité croissante
et s’adapter très rapidement aux évolutions médico-scientifiques. Elles
doivent également être à la recherche des innovations les plus récentes
pour répondre aux besoins de la communauté médicale, au service de la
population.
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