162 Les biomarqueurs moléculaires en oncologie
Avantages et limites
L’IRM peut fournir des images avec ou sans injection d’agent de contraste.
Elle ne nécessite pas de radiations ionisantes. En plus de paramètres fonctionnels sophistiqués, elle permet de manière très fiable la mesure du volume
tumoral. En revanche, elle connaît deux limitations : sa sensibilité en dessous
du seuil de 10 –4   M et la difficulté d’étalonnage pour produire des résultats
de concentration en valeur absolue. Bien que mieux tolérés que les agents de
contraste iodés utilisés en radiographie, les chélates de gadolinium sont sujets à
des réactions d’intolérance et sont contre-indiqués en cas d’insuffisance rénale
sévère. Les implants ferromagnétiques sont une contre-indication à l’IRM (par
exemple stimulateurs cardiaques). L’IRM est une technique facile à utiliser de
manière similaire en préclinique comme en clinique [8].
Imagerie utilisant la radioactivité
Principes élémentaires
La radioactivité est détectable à de très faibles concentrations. Les atomes
radioactifs peuvent être intégrés à des molécules sans en changer le comportement biologique. Les radioéléments peuvent souvent être substitués par des
éléments quasi identiques mais ayant des propriétés thérapeutiques. Les transformations radioactives ont pour conséquence l’émission de particules et de
photons (rayons X ou gamma). Habituellement, ce sont les rayons X et gamma
qui sont utilisés pour l’imagerie car ils sont pénétrants et traversent les tissus
pour atteindre un détecteur externe. La détection peut se faire par projections
de la répartition de la radioactivité sur un récepteur planaire (scintigraphie).
Elle peut se faire sur des projections multiples autour du sujet à étudier. Ces
projections multiples sur 180° ou 360° permettent de reconstruire des coupes
tomographiques selon le principe de la TEMP (tomographie d’émission monophotonique) ou SPECT (Single photon emission computed tomography) [9, 10].
Le terme « monophotonique » ne veut pas dire que l’image est obtenue avec un
seul photon mais que chaque photon est émis de manière séparée par opposition à la TEP (tomographie par émission de positons ou PET, Positron emission
tomography) [11] : dans ce dernier cas, le positon (électron de charge positive
y y
ou particule ` + ) émis s’annihile dans la matière avec un électron à charge négative en donnant deux photons d’énergie identique (511 keV) émis à 180° l’un
de l’autre. Cette émission simultanée permet la détection en coïncidence par
deux éléments de détection opposés. Le trajet parcouru par les deux photons
dans la matière est connu puisqu’il s’agit de la ligne joignant les deux éléments
de détection opposés (ligne de réponse). L’atténuation sur ce trajet peut être
corrigée à l’aide d’une carte d’atténuation (coupe tomodensitométrique en
général). L’atténuation est en revanche difficile à corriger en TEMP, faute de
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