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Thierry ALLEAU & Michel ROSTAING
grâce à sa politique nucléaire, la France n’est pas soumise à une pression aussi
forte – sur le plan de l’effet de serre – que celle qui s’exerce sur les pays qui en
sont dépourvus ou ont décidé de l’abandonner (comme l’Allemagne). Il n’apparaît
donc pas de besoin immédiat mais un besoin différé de préparer les technologies
de demain. Le pouvoir politique n’en voit donc pas nécessairement l’urgence.
Seule la pression d’éléments extérieurs (respect des accords de Kyoto de 1997,
décisions européennes, pressions de l’opinion publique…) conduira les pouvoirs
publics à prendre les décisions voulues. On est aujourd’hui, en France, dans une
phase initiale de prise de conscience et d’analyse.
Sur le plan technique, cinq technologies sont nécessaires pour la mise en œuvre
d’une filière complète : la production, le stockage, le transport, la distribution et
la transformation de l’hydrogène. Leurs états de développement ne sont pas au
même niveau. Certaines sont presque matures : le transport gazeux par pipes ou
cryogénique est parfaitement maîtrisé et la transformation en énergie thermique,
mécanique (moteur, turbine) ou électrique (piles à combustible) l’est pratiquement
aussi. Il n’en est pas de même des autres qui nécessitent encore de nombreux
développements. Un point sur ces technologies est fait plus loin.
Sur le plan réglementaire, des travaux sont en cours, que ce soit au niveau national, européen ou international (voir plus loin).
25.4.4. QUELLES SOURCES D’ÉNERGIE POUR LA PRODUCTION D’HYDROGÈNE ?
Aujourd’hui, 95% de l’hydrogène sont produits à partir des combustibles fossiles et
en particulier le gaz naturel. Pour que cette production se poursuive dans les meilleures conditions environnementales, il serait nécessaire d’y adjoindre des unités
de capture et séquestration du CO 2 .
Hormis l’énergie fossile, il reste deux grandes sources d’énergie primaire : l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Pour M
me LOYOLA DE PALACIO 5 , Commissaire européen, responsable de l’énergie,
même si l’Europe atteint ses objectifs de doubler d’ici à 2010 sa production d’énergie à partir des renouvelables (de 6% aujourd’hui à 12% en 2010), elle n’a pas la
moindre chance d’honorer les objectifs de Kyoto, sans un recours plus important
au nucléaire : elle estime à 80 le nombre de réacteurs à construire à terme.
De l’avis général et en particulier d’EDF, la transformation de l’électricité nucléaire
en hydrogène par électrolyse de l’eau ne présente qu’un intérêt limité du fait des
rendements combinés d’une centrale électronucléaire (de l’ordre de 30%) et de
celui d’un électrolyseur alcalin (de l’ordre de 70%). On pense alors à des solutions
plus séduisantes à terme, comme :
5 Le Monde, J.F. AUGEREAU, juin 2000.
Thierry ALLEAU & Michel ROSTAING
grâce à sa politique nucléaire, la France n’est pas soumise à une pression aussi
forte – sur le plan de l’effet de serre – que celle qui s’exerce sur les pays qui en
sont dépourvus ou ont décidé de l’abandonner (comme l’Allemagne). Il n’apparaît
donc pas de besoin immédiat mais un besoin différé de préparer les technologies
de demain. Le pouvoir politique n’en voit donc pas nécessairement l’urgence.
Seule la pression d’éléments extérieurs (respect des accords de Kyoto de 1997,
décisions européennes, pressions de l’opinion publique…) conduira les pouvoirs
publics à prendre les décisions voulues. On est aujourd’hui, en France, dans une
phase initiale de prise de conscience et d’analyse.
Sur le plan technique, cinq technologies sont nécessaires pour la mise en œuvre
d’une filière complète : la production, le stockage, le transport, la distribution et
la transformation de l’hydrogène. Leurs états de développement ne sont pas au
même niveau. Certaines sont presque matures : le transport gazeux par pipes ou
cryogénique est parfaitement maîtrisé et la transformation en énergie thermique,
mécanique (moteur, turbine) ou électrique (piles à combustible) l’est pratiquement
aussi. Il n’en est pas de même des autres qui nécessitent encore de nombreux
développements. Un point sur ces technologies est fait plus loin.
Sur le plan réglementaire, des travaux sont en cours, que ce soit au niveau national, européen ou international (voir plus loin).
25.4.4. QUELLES SOURCES D’ÉNERGIE POUR LA PRODUCTION D’HYDROGÈNE ?
Aujourd’hui, 95% de l’hydrogène sont produits à partir des combustibles fossiles et
en particulier le gaz naturel. Pour que cette production se poursuive dans les meilleures conditions environnementales, il serait nécessaire d’y adjoindre des unités
de capture et séquestration du CO 2 .
Hormis l’énergie fossile, il reste deux grandes sources d’énergie primaire : l’énergie nucléaire et les énergies renouvelables.
Pour M
me LOYOLA DE PALACIO 5 , Commissaire européen, responsable de l’énergie,
même si l’Europe atteint ses objectifs de doubler d’ici à 2010 sa production d’énergie à partir des renouvelables (de 6% aujourd’hui à 12% en 2010), elle n’a pas la
moindre chance d’honorer les objectifs de Kyoto, sans un recours plus important
au nucléaire : elle estime à 80 le nombre de réacteurs à construire à terme.
De l’avis général et en particulier d’EDF, la transformation de l’électricité nucléaire
en hydrogène par électrolyse de l’eau ne présente qu’un intérêt limité du fait des
rendements combinés d’une centrale électronucléaire (de l’ordre de 30%) et de
celui d’un électrolyseur alcalin (de l’ordre de 70%). On pense alors à des solutions
plus séduisantes à terme, comme :
5 Le Monde, J.F. AUGEREAU, juin 2000.
