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Jean-François FAUVARQUE
de ces piles était rapidement limité par des phénomènes de « polarisation » aux
électrodes. Il fallut attendre les travaux de FARADAY qui publia, en 1833, les lois de
l’électrolyse pour que les savants de l’époque puissent concevoir des piles « impolarisables ». Le point de départ fut donné par Antoine BECQUEREL, en 1829 : « la pile
porte avec elle la cause des diminutions qu’éprouve continuellement l’intensité du
courant électrique, car dès l’instant qu’elle fonctionne, il s’opère des décompositions et des transports de substances qui polarisent les plaques de façon à produire
des courants en sens inverse du premier : l’art consiste à dissoudre les dépôts à
mesure qu’ils se forment avec des liquides convenablement placés ». Dans son
mémoire, A. BECQUEREL présentait la première pile impolarisable, constituée par une
lame de cuivre plongeant dans une solution de nitrate de cuivre et par une lame de
zinc plongeant dans une solution de nitrate de zinc, les deux solutions étant séparées par une baudruche. Cette pile fut transformée, en 1836, par John F. DANIELL
qui lui donna une forme cylindrique et utilisa un séparateur en porcelaine poreuse
avec des solutions de sulfate. En 1839, William R. GROVE découvrit le principe de
la pile à combustible hydrogène oxygène et présenta, à l’Académie des sciences de
Paris, une pile de petites dimensions capable de fournir des intensités supérieures
à celles de toutes les piles connues à l’époque. Les compartiments séparés par de
la porcelaine poreuse étaient constitués d’une lame de zinc amalgamé, plongeant
dans de l’acide sulfurique pour le pôle négatif, et d’une lame de platine, plongeant
dans de l’acide nitrique concentré pour le pôle positif. En 1841, Robert W. BUNSEN
apporta une amélioration décisive à la pile de GROVE en remplaçant le platine par
des électrodes de carbone préparées en mélangeant de la poudre de charbon
de cornue et du goudron, puis moulées et cuites au four. La pile BUNSEN fournissait des courants importants sous 2 V et fut largement utilisée dans l’industrie
jusqu’en 1875, malgré l’émission désagréable de vapeurs nitreuses produites par
la réduction de l’acide nitrique. La pile BUNSEN était en quelque sorte une pile à
combustible car ses constituants, produits industriels relativement bon marché,
étaient remplacés après consommation. En 1859, Gaston PLANTÉ réalisa le premier
accumulateur électrochimique pratique à base de plomb et d’acide sulfurique, destiné à l’époque à agir comme transformateur de puissance ou de tension. En 1868,
Georges LECLANCHÉ breveta l’utilisation d’un dépolarisant solide : le bioxyde de
manganèse. Un autre modèle de pile à dépolarisant solide fut introduit en 1882,
par LALANDE et CHAPERON, utilisant une solution de potasse comme électrolyte, du
zinc amalgamé à la négative et de l’oxyde de cuivre à la positive. Ce système était
rechargeable et constitua le point de départ des générateurs alcalins mis au point,
en 1902, par Waldemar JUNGNER en compétition avec Thomas EDISON.
Les piles à anode de lithium apparurent en 1960. Après plus de 10 ans de recherches mondiales, ce fut le japonais SONY qui introduisit le premier sur le marché, en
1990, l’accumulateur Li/ion. L’accumulateur Ni/MH est commercialisé depuis 1990.
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