22 - LES EFFETS SANITAIRES DES RADIATIONS
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22.4.3. ACCIDENTS NUCLÉAIRES : TCHERNOBYL
Le rejet à l’environnement de quantités importantes de radioéléments provenant
du cœur des réacteurs est synonyme de catastrophe. Trois situations ont mérité ce
qualificatif, l’accident de Windscale en 1957, l’accident de Three Mile Island (TMI)
en 1979 et l’accident de Tchernobyl en 1986.
L’accident de Windscale a rejeté 740 TBq de produits de fission, essentiellement
constitués d’iode 131, 1000 fois moins qu’à Tchernobyl. Des mesures faites dans la
population ont révélé une dose maximale à la thyroïde de l’ordre de 200 mSv ; parmi
les personnels de la centrale les doses efficaces les plus élevées ont été voisines
de 50 mSv. Il n’a pas été détecté d’augmentation des cancers chez les 470 intervenants sur le sinistre, ni de cancers de la thyroïde dans la population affectée par
le panache d’iode radioactif.
L’accident de TMI, bien qu’ayant conduit à une fusion partielle du cœur et à une
contamination majeure de l’enceinte de confinement, a très peu rejeté de radioéléments dans l’environnement, 1000 fois moins d’iode 131 qu’à Windscale, et n’a
pas affecté les populations ni l’environnement. L’accident a néanmoins causé un
important stress dans les populations voisines (30 000 habitants dans un rayon de
5 miles) et a été l’objet d’un procès devant le juge du district d’Harrisburg en 1996,
les plaignants invoquant l’implication des rejets radioactifs dans la survenue de
cancers. Le juge a repoussé les requêtes en évoquant la dose maximale relevée
à l’extérieur du site de 1 mSv, et l’absence de fondement d’une assertion faisant
état de courts épisodes de panaches fortement radioactifs. Du point de vue économique, il s’agit bien cependant d’une catastrophe. Il a fallu 12 ans pour décontaminer le site au coût de $973 000 000. 100 t du combustible d’uranium ont dû être
extraites du cœur endommagé, ce qui s’est fait sans exposition excessive du personnel et sans contamination de l’environnement.
L’accident de Tchernobyl est d’une toute autre dimension [2, annexe J], les rejets
ont concerné une fraction importante du stock présent dans le cœur du réacteur
(tableau IV), atteignant 50% dans le cas de l’iode 131 et 133 et 30% dans le cas
du césium.
Le panache emporté par les vents a provoqué une contamination de vastes régions
de l’Europe, atteignant la France le 27 avril [repris de LEROUGE B., SFEN GR 21, 2001,
www.sfen.fr].
Les gaz rares, rapidement dilués dans l’atmosphère et non-retenus par l’organisme,
participent à l’exposition externe mais ne contribuent pas significativement à la dose
interne.
Les éléments peu volatils, comme le strontium et les transuraniens, ont contaminé
les sols à faible distance de l’accident ; on a cependant retrouvé des particules très
radioactives (particules chaudes) d’éléments comme le ruthénium et le zirconium
dans les aérosols prélevés en Scandinavie.
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