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Roland MASSE
la Commission Internationale de Radioprotection (CIPR), issue en 1928 de la Société
Internationale de Radiologie, les recommandations concernant les premières limites
professionnelles d’exposition qui devaient les faire disparaître dès 1954 [3]. Cette
période historique est commémorée par une stèle à Hambourg, rappelant le tribut
payé à la maladie par les pionniers, médecins et chimistes exposés aux rayonnements ; y figure le nom de Marie SKODLOWSKA-CURIE, sévèrement exposée lors
de la séparation du radium et du polonium, puis lors des campagnes de dépistage
radiologique des « petites curies » pendant la première guerre. Marie CURIE souffrait
vraisemblablement de syndrome « myélodysplasique », état préleucémique traduisant les troubles de renouvellement des cellules souches du sang, conséquence
probable d’une irradiation externe sévère 4 .
En milieu professionnel, par ailleurs, la trace de l’effet des irradiations internes peut
être remontée jusqu’au XVI
e siècle, où PARACELSE décrivit la « maladie de la montagne », une forme de cancer du poumon dont la cause fut imputée au radon, dès
1924, par LORENSER et LUDEWIG.
22.2. CONSÉQUENCES MÉDICALES ET SANITAIRES
22.2.1. EFFETS AIGUS
Qu’il s’agisse d’ondes ou de corpuscules, de rayonnements directement ou indirectement ionisants, qu’ils soient faiblement ou fortement pénétrants, les rayonnements ionisants se comportent comme des toxiques : au-delà d’une certaine
dose absorbée dans les cellules et les organes, ils provoquent la mort cellulaire et
les réactions qui y sont liées. Cette propriété est utilisée pour la destruction des
tumeurs à forts débits de dose.
4 La contamination de Marie CURIE par le radium, évoquée comme cause probable de son exposition,
n’a pas été confirmée par l’OPRI, en 1995, au moment de son transfert au Panthéon. Dès cette période des pionniers, l’attention du monde biologique et médical avait été attirée par les conséquences
de l’irradiation des tissus contaminés par des radionucléides et on trouve, en particulier au début
des années 1920, les premières mises en garde médicales contre l’utilisation du radium, panacée
revigorante qui s’était répandue largement aux Etats-Unis avec le Radithor ; certains patients en
prenaient jusqu’à quatre flacons par jour, c’est-à-dire approximativement 1 μCi (36 000 Bq) de 226 Ra
et 1 μCi de 228 Ra ! On commençait en effet à décrire alors, chez les jeunes femmes miniaturistes
des cadrans lumineux, « The radium jaw », ostéomyélite du maxillaire précédant de peu les cancers
de l’os [2]. Cette attention n’a pas évité le drame du « Thorotrast », excellent produit de contraste
radiologique, constitué d’oxyde de thorium micronisé, produit en Allemagne par HEYDEN et utilisé
jusque dans les années 1950 chez plus de 50 000 patients identifiés en Europe et au Japon. La conséquence tardive de l’injection intravasculaire de 25 ml de la suspension de thorotrast, aboutissant à
une dose au foie de l’ordre de 9,5 Gy après 40 ans, a été la survenue de cancers du foie chez 30 à
60% des patients survivants.
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