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Hervé NIFENECKER & Gérald OUZOUNIAN
chaleur par les déchets et les séismes éventuels peuvent avoir des conséquences
qu’il est nécessaire d’évaluer.
Malgré son grand coefficient de diffusion, le sel est souvent considéré comme un
milieu particulièrement prometteur. En effet, un gisement de sel ne peut exister
durablement qu’en absence d’eau, ce qui donne un intérêt académique à la valeur
de la constante de diffusion. La diffusion des radioéléments dans le sel anhydre
est donc extrêmement lente. De plus le sel flue facilement et devrait donc combler assez rapidement les ouvrages du site. Toutefois le sel possède et possèdera sans doute toujours une valeur économique. Une exploitation du site après
que la mémoire en ait été perdu reste donc possible. Dans ce cas l’eau injectée
dans le gisement pour récupérer le sel se chargerait d’autant plus vite en radioéléments que la constante de diffusion est grande. A long terme, enfin, on ne peut
pas exclure que de l’eau envahisse le site de stockage.
En définitive, l’argile semble offrir d’excellentes capacités combinant les qualités
du sel et celles du granit : faible constante de diffusion malgré la saturation en
eau, propriétés de fluage suffisantes pour « effacer » les défauts, bonne sorption
d’un grand nombre d’éléments.
Dans le cas de fonctionnement normal d’un site de stockage géologique représentatif, les risques encourus par la population la plus exposée demeurent extrêmement faibles à tout moment du futur. L’essentiel du confinement est assuré par la
formation géologique. Sa grande mobilité, sa solubilité et sa période de plusieurs
millions d’années font de l’iode 129 l’origine principale de l’irradiation des populations critiques. Pratiquement la majeure partie de cet iode devrait se retrouver
dans la biosphère dans quelques centaines de milliers d’années. Au contraire, les
transuraniens ont très peu de chances de contaminer la biosphère.
Les considérations faites dans cet article reposent sur des mesures assez limitées
des propriétés de diffusion de l’argile. Un travail important de validation, d’influence
de la température et des contraintes mécaniques, aussi bien que d’exploration du
site et de description précise de la couche d’argile, reste nécessaire. Toutefois, il
semble possible de considérer que le stockage des déchets nucléaires est une
option réaliste et réalisable qui ne devrait pas présenter de dangers majeurs pour
les générations futures.
Remerciements - Les auteurs remercient G. PÉPIN et E. TEVISSEN, de l’Andra, pour la fourniture des documents de base ayant servi à cette présentation et pour leurs précieuses indications sur les phénomènes considérés, et C. LE BRUN, de l’ISN, pour sa relecture attentive
du manuscrit.
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