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Bruno RIVOIRE
épuisées par les besoins du cycle thermodynamique : il doit être renvoyé vers
la chaudière à une température encore notable (185°C par exemple et il contient
encore à cette température 22% de l’enthalpie acquise en chaudière). Si cette
chaudière est ouverte, et c’est la seule alternative envisagée aujourd’hui, il sera
impossible de recycler complètement cet air tiède (bien que dans les projets en
cause on s’efforce de le « cracher » dans l’ouverture de la chaudière), et on aura
à subir là une nouvelle perte qu’on peut chiffrer au minimum à 4% de l’énergie
rayonnée par le champ d’héliostats. En conséquence de ces deux remarques, il
faut considérer que le transport des calories constitue le point faible des centrales
à air.
Par contre, même si l’air à haute température ne se stocke pas facilement, il est
facile et bon marché de le débarrasser de ses calories et de les stocker sur un lit
de billes de céramiques ou même de cailloux. On tient là un solide avantage pour
la même filière.
LA FILIÈRE CYLINDRO-PARABOLIQUE
Les différentes réalisations classées dans cette filière ont toutes, jusqu’à aujourd’hui, utilisé comme fluide caloporteur (et éventuellement calostockeur) des huiles
de synthèse ou des huiles minérales de différentes provenances et de différentes
performances. Toutes ces huiles ont en commun les qualités suivantes :
état liquide pour toutes les températures utiles,
capacité calorifique convenable autorisant le stockage à chaleur sensible dans de
bonnes conditions,
viscosité suffisamment faible pour un pompage aisé sous climat chaud.
Par contre, elles présentent les défauts suivants :
conductivité thermique faible entraînant des capacités modestes au transfert thermique depuis les parois chaudes,
inflammabilité dangereuse comme l’incendie du stockage en huile de Solar One
l’a illustré,
viscosité parfois gênante pour le pompage en climat froid (climat d’altitude),
température de travail limitée par la décomposition de l’huile,
prix élevé.
Pour illustrer les performances des différents produits disponibles, le paramètre
le plus intéressant est celui de la température chaude admise : 295°C pour le Santotherm utilisé pour le DCS d’Almeria au début des années 1980, 310°C pour
l’ESSO 500 utilisé dans les premières centrales Luz (1983), 340°C pour le Gilotherm
mis en œuvre sur les expériences « maquette » d’Odeillo en 1979 et « THEK » de
Targasonne en 1983, 393°C pour l’huile Dowtherm A utilisée dans les dernières
réalisations de Luz (1988).
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