344
Jean-Marc AGATOR
Mais une deuxième raison est d’ordre technique : une grande éolienne (avec une
tour haute) tire mieux parti des ressources éoliennes dans des sites peu ventés. En
effet, l’augmentation de la taille de l’éolienne se traduit par une augmentation du
couple exercé sur les pales, donc de la puissance de la machine, tandis que la vitesse
de rotation en bout de pale doit être limitée pour contenir le bruit aérodynamique
dans des limites acceptables. C’est tout particulièrement le cas en Allemagne où
la puissance moyenne des nouvelles machines installées s’est accrue de 780 kW
en 1998 à 920 kW en 1999, puis de 1100 kW en 2000 à 1280 kW en 2001.
La plupart des grands fabricants d’éoliennes commercialisent déjà des machines
de 1,25 à 2,5 MW. Par exemple, l’éolienne N80 de 2,5 MW de Nordex (Danemark/
Allemagne) comporte un rotor de 80 m d’envergure (pales de 38,8 m) et une tour
jusqu’à 80 m de hauteur (distance du sol au moyeu du rotor).
Le coût total d’investissement d’un parc éolien terrestre est de l’ordre de 1000 €/kW
mais devrait décroître encore sensiblement avec l’expansion du marché. La durée
moyenne de fonctionnement varie entre 2000 et 2500 h/an, soit un taux de disponibilité compris entre 22 et 28%. A titre de comparaison, le coût d’investissement
d’un parc d’éoliennes produisant 8 TWh/an se monterait donc à une somme comprise entre 3,2 et 4 milliards d’euros. Une centrale nucléaire fournissant la même
énergie coûterait environ 1,5 milliards d’euros, et une centrale à gaz 0,5 milliards.
Le coût de production du kilowattheure éolien a aussi fortement diminué sous
l’effet conjugué, d’une part de la baisse des coûts des matériels et d’installation,
d’autre part des gains de productivité dus aux progrès techniques. Pour un bon site
(vitesse moyenne de vent de 7 à 8 m/s), le coût du kWh est de l’ordre de 0,045 à
0,055 € (0,032 € pour le nucléaire).
La multiplication des grandes installations pose alors le problème délicat de la
recherche de sites terrestres favorables de grande taille et de la nécessaire limitation de l’impact des éoliennes sur leur environnement naturel et humain, surtout
en Europe dans les pays de petite superficie comme le Danemark ou les Pays-Bas.
16.2. LES DÉFIS DE L’ÉOLIEN OFFSHORE
Dans ce contexte, l’éolien offshore naissant semble beaucoup plus adapté à une
croissance durable du marché. Les ressources en mer sont plus importantes que
sur terre, mais surtout le vent y est plus fort et plus régulier, et les grandes installations ont beaucoup moins d’impact visuel et sonore sur les populations.
Toutefois, les projets offshore sont beaucoup plus coûteux que sur terre, notamment à cause des coûts plus élevés des fondations, de raccordement au réseau,
d’installation et de maintenance, et leur rentabilité n’est envisageable qu’en utilisant des grandes machines de plusieurs mégawatts réunies dans de très grands
parcs jusqu’à 100 MW ou plus. De nombreux parcs offshore sont en service ou
Jean-Marc AGATOR
Mais une deuxième raison est d’ordre technique : une grande éolienne (avec une
tour haute) tire mieux parti des ressources éoliennes dans des sites peu ventés. En
effet, l’augmentation de la taille de l’éolienne se traduit par une augmentation du
couple exercé sur les pales, donc de la puissance de la machine, tandis que la vitesse
de rotation en bout de pale doit être limitée pour contenir le bruit aérodynamique
dans des limites acceptables. C’est tout particulièrement le cas en Allemagne où
la puissance moyenne des nouvelles machines installées s’est accrue de 780 kW
en 1998 à 920 kW en 1999, puis de 1100 kW en 2000 à 1280 kW en 2001.
La plupart des grands fabricants d’éoliennes commercialisent déjà des machines
de 1,25 à 2,5 MW. Par exemple, l’éolienne N80 de 2,5 MW de Nordex (Danemark/
Allemagne) comporte un rotor de 80 m d’envergure (pales de 38,8 m) et une tour
jusqu’à 80 m de hauteur (distance du sol au moyeu du rotor).
Le coût total d’investissement d’un parc éolien terrestre est de l’ordre de 1000 €/kW
mais devrait décroître encore sensiblement avec l’expansion du marché. La durée
moyenne de fonctionnement varie entre 2000 et 2500 h/an, soit un taux de disponibilité compris entre 22 et 28%. A titre de comparaison, le coût d’investissement
d’un parc d’éoliennes produisant 8 TWh/an se monterait donc à une somme comprise entre 3,2 et 4 milliards d’euros. Une centrale nucléaire fournissant la même
énergie coûterait environ 1,5 milliards d’euros, et une centrale à gaz 0,5 milliards.
Le coût de production du kilowattheure éolien a aussi fortement diminué sous
l’effet conjugué, d’une part de la baisse des coûts des matériels et d’installation,
d’autre part des gains de productivité dus aux progrès techniques. Pour un bon site
(vitesse moyenne de vent de 7 à 8 m/s), le coût du kWh est de l’ordre de 0,045 à
0,055 € (0,032 € pour le nucléaire).
La multiplication des grandes installations pose alors le problème délicat de la
recherche de sites terrestres favorables de grande taille et de la nécessaire limitation de l’impact des éoliennes sur leur environnement naturel et humain, surtout
en Europe dans les pays de petite superficie comme le Danemark ou les Pays-Bas.
16.2. LES DÉFIS DE L’ÉOLIEN OFFSHORE
Dans ce contexte, l’éolien offshore naissant semble beaucoup plus adapté à une
croissance durable du marché. Les ressources en mer sont plus importantes que
sur terre, mais surtout le vent y est plus fort et plus régulier, et les grandes installations ont beaucoup moins d’impact visuel et sonore sur les populations.
Toutefois, les projets offshore sont beaucoup plus coûteux que sur terre, notamment à cause des coûts plus élevés des fondations, de raccordement au réseau,
d’installation et de maintenance, et leur rentabilité n’est envisageable qu’en utilisant des grandes machines de plusieurs mégawatts réunies dans de très grands
parcs jusqu’à 100 MW ou plus. De nombreux parcs offshore sont en service ou
