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Gérard DURUP
le long du découvert, l’eau « lèche » la paroi du trou et se charge en sel pour devenir de la saumure. La saumure est produite soit par l’annulaire (lessivage direct),
soit par le tube central (lessivage inverse). De diamètre décimétrique à l’origine, le
découvert s’élargit petit à petit au fur et à mesure que le sel est extrait sous forme
de saumure. De trou de forage, il devient cavité.
Afin d’éviter une dissolution anarchique du sel vers le haut, un fluide physico-chimiquement inerte vis-à-vis du sel et plus léger que la saumure (par exemple du
pétrole brut, du fioul ou GPL, ou du gaz) est injectée dans l’espace annulaire compris entre le cuvelage de production et la colonne externe. Le développement du
« toit » de la cavité dépend étroitement de la façon dont on fait évoluer la profondeur de l’interface entre ce fluide et la saumure.
La géométrie de la cavité creusée dépend des positions des points d’injection d’eau
et d’extraction de la saumure. Par ailleurs, les insolubles présents dans la masse
offerte à la dissolution se déposent au fond de la cavité. C’est pourquoi les profondeurs des bases des tubes d’injection d’eau et de soutirage de saumure sont
réajustées, en général diminuées, par des opérations appelées « changement de
passe ».
La saumure produite a une teneur en sel dissous de 250 à 310 kg/m
3 . Le creusement d’un mètre cube de cavité, soit environ 2200 kg/m
3 de sel, s’accompagne
d’une production de saumure de l’ordre de 8 m
3 et nécessite à peu près la même
quantité d’eau. Ainsi la création d’une cavité de 300 000 m
3 nécessite 2 400 000 m
3
d’eau et s‘accompagne de la production de 660 000 tonnes de sel sous forme de
saumure (2 400 000 m
3 ).
La durée du lessivage d’une cavité est sensiblement proportionnelle à son volume
final et inversement proportionnelle au débit d’injection d’eau. Il faut compter entre
6 et 18 mois par centaines de milliers de mètres cubes creusées. L’eau douce
est pompée dans une rivière ou un lac, ou encore une nappe aquifère souterraine.
La saumure est transportée par canalisation (saumoduc) vers une industrie utilisatrice (chimie du chlore et du sodium) ou vers un point de rejet (émissaire en mer
en général).
Les installations de lessivage comportent essentiellement :
une série de pompes pour l’injection d’eau. La pression de refoulement doit être
suffisamment élevée pour vaincre la différence de densité entre l’eau et la saumure dans le puits, et les pertes de charge dans le puits et les collectes d’acheminement de l’eau de la station au puits et de retour de la saumure ;
une série de pompes pour l’expédition de la saumure de la station vers l’exutoire de saumure (industrie ou point de rejet) ;
des réservoirs ou bassins d’eau et de saumure servant de tampon.
Gérard DURUP
le long du découvert, l’eau « lèche » la paroi du trou et se charge en sel pour devenir de la saumure. La saumure est produite soit par l’annulaire (lessivage direct),
soit par le tube central (lessivage inverse). De diamètre décimétrique à l’origine, le
découvert s’élargit petit à petit au fur et à mesure que le sel est extrait sous forme
de saumure. De trou de forage, il devient cavité.
Afin d’éviter une dissolution anarchique du sel vers le haut, un fluide physico-chimiquement inerte vis-à-vis du sel et plus léger que la saumure (par exemple du
pétrole brut, du fioul ou GPL, ou du gaz) est injectée dans l’espace annulaire compris entre le cuvelage de production et la colonne externe. Le développement du
« toit » de la cavité dépend étroitement de la façon dont on fait évoluer la profondeur de l’interface entre ce fluide et la saumure.
La géométrie de la cavité creusée dépend des positions des points d’injection d’eau
et d’extraction de la saumure. Par ailleurs, les insolubles présents dans la masse
offerte à la dissolution se déposent au fond de la cavité. C’est pourquoi les profondeurs des bases des tubes d’injection d’eau et de soutirage de saumure sont
réajustées, en général diminuées, par des opérations appelées « changement de
passe ».
La saumure produite a une teneur en sel dissous de 250 à 310 kg/m
3 . Le creusement d’un mètre cube de cavité, soit environ 2200 kg/m
3 de sel, s’accompagne
d’une production de saumure de l’ordre de 8 m
3 et nécessite à peu près la même
quantité d’eau. Ainsi la création d’une cavité de 300 000 m
3 nécessite 2 400 000 m
3
d’eau et s‘accompagne de la production de 660 000 tonnes de sel sous forme de
saumure (2 400 000 m
3 ).
La durée du lessivage d’une cavité est sensiblement proportionnelle à son volume
final et inversement proportionnelle au débit d’injection d’eau. Il faut compter entre
6 et 18 mois par centaines de milliers de mètres cubes creusées. L’eau douce
est pompée dans une rivière ou un lac, ou encore une nappe aquifère souterraine.
La saumure est transportée par canalisation (saumoduc) vers une industrie utilisatrice (chimie du chlore et du sodium) ou vers un point de rejet (émissaire en mer
en général).
Les installations de lessivage comportent essentiellement :
une série de pompes pour l’injection d’eau. La pression de refoulement doit être
suffisamment élevée pour vaincre la différence de densité entre l’eau et la saumure dans le puits, et les pertes de charge dans le puits et les collectes d’acheminement de l’eau de la station au puits et de retour de la saumure ;
une série de pompes pour l’expédition de la saumure de la station vers l’exutoire de saumure (industrie ou point de rejet) ;
des réservoirs ou bassins d’eau et de saumure servant de tampon.
